Il en a fait quatre, Poul Anderson, des recueils de nouvelles sur la patrouille du temps. Je finis à peine le deuxième, et ce sera pour moi a priori la fin du cycle.
Pourquoi tant de haine, me direz-vous ? Elles sont pas belles, les histoires ?
Si si. Dans ce tome, trois nouvelles : l'une se situe à Tyr, à l'époque du roi Hiram (contemporain de Salomon), l'autre chez les Ostrogoths au IVe siècle et la troisième sous le règne de Philippe le Bel, quand ce dernier s'en prit à l'Ordre du Temple (et à son or). L'auteur a bien travaillé : son héros ne s'exprime quasiment que par citations (cette envie que nous avons tous de montrer à quel point nous connaissons bien un sujet quand nous en avons l'occasion). La lourdeur du savoir encyclopédique plaqué sur la page frisait le Jacques Attali.
Allons au fait : Primo, l'auteur n'arrive pas à gérer la notion de paradoxes temporels. Il conte les démêlés d'une patrouille du temps chargée de préserver la trame historique, sachant que lorsqu'un énergumène venu de l'avenir engendre un changement, celui-ci prend sa place dans l'Histoire. Bref, faute de règles clairement posées, le lecteur se contente de suivre en souriant gentiment, et surtout en évitant de se poser trop de questions : le scénario ne tiendrait pas le coup. La deuxième nouvelle, le Chagrin d'Odin le Goth, est la seule qui vaille la peine d'être lue, de par sa construction originale.
Secundo, la platitude du style et les conclusions bâclées deviennent insupportables au bout d'un moment.
Il est grand temps de passer à autre chose. Le livre n'est que partiellement recommandable, et encore aux amateurs de SF strictement.
13/20
PS : Le Belial se vante d'éditer enfin en France la suite d'un des "plus grands cycles de la science fiction". Dans le fond, si cela n'avait pas été édité avant, il y avait une raison.
mardi 23 mars 2010
mardi 16 mars 2010
Etre et avoir été
Classique de la science fiction, La Patrouille du Temps, de Poul Anderson, s'attaque au très délicat sujet des voyages dans le temps. Dans un million d'années, les Danelliens, avenir ô combien développé des humains, ont totalement maîtrisé le voyage dans le temps. Leur problème, c'est qu'ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Ils craignent une chose par dessus tout : que des perturbateurs les effacent purement et simplement en changeant le cours de l'histoire, volontairement ou non, lors d'une incursion dans le passé.
Les Danelliens ont donc créé la patrouille du temps. Des bureaux sont répartis à travers les âges de l'humanité. Ils recrutent dans chaque période des patrouilleurs dont l'objectif est de s'assurer que "tout se passe bien comme prévu". Le cours du temps est résistant. La mort d'un animal, un épisode inattendu dans la vie d'un ou plusieurs hommes, le décès prématuré de l'un ou l'autre, n'aura généralement pas de conséquence. La trame générale y résiste et corrige le tir toute seule. Toutefois, certains points sont plus sensibles et demandent à être plus particulièrement protégés.
Lecture intelligente, originale et agréable, je ne peux que recommander ce court livre au rythme nerveux et efficace, bien traduit (on est chez J'ai Lu, il y a des traducteurs et des relecteurs chevronnés, mes amitiés à ce sujet aux éditions Bragelonne et Milady, à l'antipode).
Extrait : Le recrutement du narrateur, qui n'a fait pour le moment que répondre à une annonce dans le journal :
"Hum... ça ne vous ferait rien de saisir ces poignées sur les bras de votre fauteuil ? Merci. A présent, quelles sont vos réactions devant un danger d'ordre physique ?
Everard se hérissa. "Ecoutez..."
M. Gordon jeta un bref coup d'œil sur un instrument posé sur son bureau, un simple boîtier avec une aiguille et deux cadrans. "Peu importe. Quelle est votre opinion de l'internationalisme ?"
- Dites donc...
- Du communisme ? Du fascisme ? Des femmes ? Quelles sont vos ambitions personnelles ? ... Ce sera tout, vous n'êtes pas obligé de répondre. "
Richesse des idées et des tableaux, rythme et concision viennent ainsi heureusement compenser une absence de style, une psychologie des personnages très limitée, des conclusions brouillonnes, et des nouvelles de niveau inégal. Anderson a clairement du mal à développer ses idées. Loin d'être un monument de la SF classique aux côtés des Asimov et Heinlein, en dépit des efforts de ses fans outre-Atlantique, l'auteur donne toutefois l'occasion de lire de la série B de très bonne facture.
14/20
Les Danelliens ont donc créé la patrouille du temps. Des bureaux sont répartis à travers les âges de l'humanité. Ils recrutent dans chaque période des patrouilleurs dont l'objectif est de s'assurer que "tout se passe bien comme prévu". Le cours du temps est résistant. La mort d'un animal, un épisode inattendu dans la vie d'un ou plusieurs hommes, le décès prématuré de l'un ou l'autre, n'aura généralement pas de conséquence. La trame générale y résiste et corrige le tir toute seule. Toutefois, certains points sont plus sensibles et demandent à être plus particulièrement protégés.
Lecture intelligente, originale et agréable, je ne peux que recommander ce court livre au rythme nerveux et efficace, bien traduit (on est chez J'ai Lu, il y a des traducteurs et des relecteurs chevronnés, mes amitiés à ce sujet aux éditions Bragelonne et Milady, à l'antipode).
Extrait : Le recrutement du narrateur, qui n'a fait pour le moment que répondre à une annonce dans le journal :
"Hum... ça ne vous ferait rien de saisir ces poignées sur les bras de votre fauteuil ? Merci. A présent, quelles sont vos réactions devant un danger d'ordre physique ?
Everard se hérissa. "Ecoutez..."
M. Gordon jeta un bref coup d'œil sur un instrument posé sur son bureau, un simple boîtier avec une aiguille et deux cadrans. "Peu importe. Quelle est votre opinion de l'internationalisme ?"
- Dites donc...
- Du communisme ? Du fascisme ? Des femmes ? Quelles sont vos ambitions personnelles ? ... Ce sera tout, vous n'êtes pas obligé de répondre. "
Richesse des idées et des tableaux, rythme et concision viennent ainsi heureusement compenser une absence de style, une psychologie des personnages très limitée, des conclusions brouillonnes, et des nouvelles de niveau inégal. Anderson a clairement du mal à développer ses idées. Loin d'être un monument de la SF classique aux côtés des Asimov et Heinlein, en dépit des efforts de ses fans outre-Atlantique, l'auteur donne toutefois l'occasion de lire de la série B de très bonne facture.
14/20
Conjuration
La Conjuration des Imbéciles, de John Kennedy Tool, est un roman que sa genèse seule rendrait déjà extraordinaire. Premier roman de l'auteur, ce dernier se suicida en 1969, suite à la déprime qu'avait engendré le refus des éditeurs de le publier. Les efforts incessants de sa mère finirent par aboutir à la publication, qui fut suivie d'un prix Pulitzer en 1981. Une histoire aussi noire et ironique que le ton de l'ouvrage.
Nouvelles Orléans, début des années 60. Le "héros", Ignatius J Reilly, la trentaine, vit chez sa mère. Obèse, il se complait dans la plus totale inactivité, ne sortant que pour aller au cinéma (et y décrier les infects films que l'on ose y projeter). Misanthrope, il passe sinon le plus clair de son temps à noircir des cahiers dans sa chambre. Il y étale son rejet du monde moderne, totalement décadent, s'appuyant sur les écrits des Anciens (Platon, Boèce tout particulièrement) et de théologiens moyen-âgeux.
Obligé de chercher du travail pour des raisons bassement matérielles, il va être confronté à ses contemporains, occasion pour l'auteur de dresser une description colorée de la Nouvelle Orléans : usines délabrées, pauvreté des Noirs, quartiers à touristes et jeunesse dorée. La verve de Tool rend l'ensemble du tableau comique, effet particulièrement renforcé par le fossé séparant la vision du monde de Reilly de celui de ses contemporains. Egocentrique, bouffi d'orgueil, menteur et malhonnête, Reilly se rend totalement détestable, malgré sa fine intelligence.
A lire, rien que pour la finesse du portrait du Sud des Etats-Unis dans les années 60.
16/20
PS : Merci à Hilaire pour m'avoir fait découvrir ce grand roman
Nouvelles Orléans, début des années 60. Le "héros", Ignatius J Reilly, la trentaine, vit chez sa mère. Obèse, il se complait dans la plus totale inactivité, ne sortant que pour aller au cinéma (et y décrier les infects films que l'on ose y projeter). Misanthrope, il passe sinon le plus clair de son temps à noircir des cahiers dans sa chambre. Il y étale son rejet du monde moderne, totalement décadent, s'appuyant sur les écrits des Anciens (Platon, Boèce tout particulièrement) et de théologiens moyen-âgeux.
Obligé de chercher du travail pour des raisons bassement matérielles, il va être confronté à ses contemporains, occasion pour l'auteur de dresser une description colorée de la Nouvelle Orléans : usines délabrées, pauvreté des Noirs, quartiers à touristes et jeunesse dorée. La verve de Tool rend l'ensemble du tableau comique, effet particulièrement renforcé par le fossé séparant la vision du monde de Reilly de celui de ses contemporains. Egocentrique, bouffi d'orgueil, menteur et malhonnête, Reilly se rend totalement détestable, malgré sa fine intelligence.
A lire, rien que pour la finesse du portrait du Sud des Etats-Unis dans les années 60.
16/20
PS : Merci à Hilaire pour m'avoir fait découvrir ce grand roman
Libellés :
* Psychologique,
Tool (John Kennedy)
jeudi 11 mars 2010
Les Voies du Ciel
Un Cadavre de Trop, de Ellis Peters, est une enquête policière menée par le moine Cadfael. Ancien soldat, riche d'une dizaine d'années aux croisades et de nombreuses aventures, il a décidé de finir ses jours en cultivant son jardin, au sein d'une abbaye. Heureux qui comme Ulysse...
1138 est temps de guerre fratricide dans la vieille Angleterre entre deux prétendants au trône : Stephen et Mathilde. La prise d'une place fidèle à Mathilde par l'armée de Stephen est suivie de la pendaison de la garnison. Quatre-vingt quatorze hommes. Tout se complique lorsque Cadfael en découvre un quatre-vingt quinzième. Il se fait confier l'enquête. Le roi est outré qu'un misérable ait osé camoufler son crime au milieu de sa sainte colère.
L'enquête aurait pu être passionnante, si elle n'avait été si tirée par les cheveux. Florilège :
- Le moine et son apprenti retrouvent par hasard le témoin capital du meurtre.
- Le moine retrouve un morceau de pommeau de dague serti d'une pierre précieuse sur la scène du meurtre.
- La dague est une pièce unique.
- Le moine tombe par hasard sur un enfant qui a vu un homme jeter la dague dans le fleuve.
- L'enfant a remonté la dague.
- L'enfant peut reconnaître l'homme.
Quand on a la Providence autant avec soi, je ne connais nulle enquête qui n'aboutisse. C'est certainement l'un des avantages d'un moine.
L'auteur ayant un penchant non dissimulé pour l'eau de rose, l'ensemble de l'ouvrage en est aspergé, jusqu'à une fin dont la douceur frise le loukoum. Ames sensibles, dormez en paix.
Bref, un bon divertissement qui se lit agréablement, pour lecteur fatigué.
12/20
1138 est temps de guerre fratricide dans la vieille Angleterre entre deux prétendants au trône : Stephen et Mathilde. La prise d'une place fidèle à Mathilde par l'armée de Stephen est suivie de la pendaison de la garnison. Quatre-vingt quatorze hommes. Tout se complique lorsque Cadfael en découvre un quatre-vingt quinzième. Il se fait confier l'enquête. Le roi est outré qu'un misérable ait osé camoufler son crime au milieu de sa sainte colère.
L'enquête aurait pu être passionnante, si elle n'avait été si tirée par les cheveux. Florilège :
- Le moine et son apprenti retrouvent par hasard le témoin capital du meurtre.
- Le moine retrouve un morceau de pommeau de dague serti d'une pierre précieuse sur la scène du meurtre.
- La dague est une pièce unique.
- Le moine tombe par hasard sur un enfant qui a vu un homme jeter la dague dans le fleuve.
- L'enfant a remonté la dague.
- L'enfant peut reconnaître l'homme.
Quand on a la Providence autant avec soi, je ne connais nulle enquête qui n'aboutisse. C'est certainement l'un des avantages d'un moine.
L'auteur ayant un penchant non dissimulé pour l'eau de rose, l'ensemble de l'ouvrage en est aspergé, jusqu'à une fin dont la douceur frise le loukoum. Ames sensibles, dormez en paix.
Bref, un bon divertissement qui se lit agréablement, pour lecteur fatigué.
12/20
Libellés :
* Historique,
* Policier,
Peters (Ellis)
mercredi 17 février 2010
Elémentaire, mon cher Whicher
L'Affaire de Road Hill House, de Kate Summerscale, relate dans le détail un fait divers réel, arrivé en 1860 dans une petite ville industrielle anglaise : l'assassinat sordide d'un jeune enfant. Très vite, la police va se heurter à la sacro-sainte notion du respect du foyer anglais, considéré comme une forteresse que ni l'Etat ni personne n'a de légitimité à troubler.
Le souci du détail déployé par l'auteur est clinique. Rien n'est épargné au lecteur, et ce dès le prologue :
"Le dimanche 15 juillet 1860, l'inspecteur principal Jonathan Whicher, de Scotland Yard, paya deux shillings au conducteur du fiacre qui le transporta de Millbank, quartier situé à l'ouest de Westminster, à la gare de Paddington, terminus londonien du Great Western Railway. Là, il prit deux billets : l'un, pour la somme de sept schillings et dix pence, à destination de Chippenham dans le Wiltshire, trajet de quatre-vingt-quatorze miles, et l'autre qui moyennant un schilling et six pence, lui ferait ensuite couvrir les vingt miles séparant Chippenham de Trowbridge."
Autant dire qu'avaler les 430 pages fut long, très long, d'autant plus que je n'ai jamais au fond de moi, voulu connaître avec un tel luxe de détails aussi insipides qu'inutiles, l'Angleterre victorienne.
Quelques notions et anecdotes intéressantes restent ancrées dans l'esprit du lecteur d'autant plus courageux que le suspense lié à l'histoire est inexistant (volontairement, on n'est pas là pour s'amuser mais pour compter les pence). J'ai ainsi appris que le terme clue (indice) vient de clew (fil) lui-même faisant référence au fil d'Ariane. Maintenant, vous le savez aussi, et sans avoir lu le livre, veinards que vous êtes.
Le retentissement de l'affaire dans les journaux de l'époque, la personnalité du détective Whicher en charge de l'enquête, les débuts du roman policier à la même époque (Poe venait de créer son détective Auguste Dupin, précurseur de Sherlock Holmes), l'implication directe d'écrivains tels que Dickens dans l'affaire, l'utilisation de théories scientifiques plus ou moins farfelues pour élucider le mystère, auraient pu rendre l'idée d'ensemble sympathique. Pourquoi une telle froideur dans l'analyse ?
Bon. Voilà qui est chose faite. Maintenant, je vais essayer de me persuader à nouveau que la lecture peut également consister en un moment agréable.
PS : Telerama trouve le travail de l'auteur remarquable (et je ne dis pas le contraire), ce qui me renforce dans mon opinion : http://www.telerama.fr/livres/l-affaire-de-road-hill-house,29366.php
PPS : Auguste Dupin apparaît dans la remarquable nouvelle d'Edgar Allan Poe, Double Assassinat dans la rue Morgue, à lire absolument.
Le souci du détail déployé par l'auteur est clinique. Rien n'est épargné au lecteur, et ce dès le prologue :
"Le dimanche 15 juillet 1860, l'inspecteur principal Jonathan Whicher, de Scotland Yard, paya deux shillings au conducteur du fiacre qui le transporta de Millbank, quartier situé à l'ouest de Westminster, à la gare de Paddington, terminus londonien du Great Western Railway. Là, il prit deux billets : l'un, pour la somme de sept schillings et dix pence, à destination de Chippenham dans le Wiltshire, trajet de quatre-vingt-quatorze miles, et l'autre qui moyennant un schilling et six pence, lui ferait ensuite couvrir les vingt miles séparant Chippenham de Trowbridge."
Autant dire qu'avaler les 430 pages fut long, très long, d'autant plus que je n'ai jamais au fond de moi, voulu connaître avec un tel luxe de détails aussi insipides qu'inutiles, l'Angleterre victorienne.
Quelques notions et anecdotes intéressantes restent ancrées dans l'esprit du lecteur d'autant plus courageux que le suspense lié à l'histoire est inexistant (volontairement, on n'est pas là pour s'amuser mais pour compter les pence). J'ai ainsi appris que le terme clue (indice) vient de clew (fil) lui-même faisant référence au fil d'Ariane. Maintenant, vous le savez aussi, et sans avoir lu le livre, veinards que vous êtes.
Le retentissement de l'affaire dans les journaux de l'époque, la personnalité du détective Whicher en charge de l'enquête, les débuts du roman policier à la même époque (Poe venait de créer son détective Auguste Dupin, précurseur de Sherlock Holmes), l'implication directe d'écrivains tels que Dickens dans l'affaire, l'utilisation de théories scientifiques plus ou moins farfelues pour élucider le mystère, auraient pu rendre l'idée d'ensemble sympathique. Pourquoi une telle froideur dans l'analyse ?
Bon. Voilà qui est chose faite. Maintenant, je vais essayer de me persuader à nouveau que la lecture peut également consister en un moment agréable.
PS : Telerama trouve le travail de l'auteur remarquable (et je ne dis pas le contraire), ce qui me renforce dans mon opinion : http://www.telerama.fr/livres/l-affaire-de-road-hill-house,29366.php
PPS : Auguste Dupin apparaît dans la remarquable nouvelle d'Edgar Allan Poe, Double Assassinat dans la rue Morgue, à lire absolument.
Libellés :
* Historique,
* Policier,
Summerscale (Kate)
jeudi 28 janvier 2010
Occultisme, symbolisme et crustacés
Bon, une bonne chose de faite, j'ai fini le dernier Dan Brown. Petit effort de concentration, afin de me remémorer le titre... Voilà : Le Symbole Perdu.
Heureusement que j'avais tiré un certain plaisir (relatif) de la lecture des deux précédents : le fameux Da Vinci Code et Anges et Démons (ce dernier se passe à Rome et fut mon préféré).
De même que le Guide du Routard ou le Lonely Planet, Dan Brow sort une nouvelle destination par an : après Rome et Paris/Londres, visite de Washington. Merci de ne pas oublier le guide.
Bon, en résumé, ce bouquin est le copier coller des précédents, en changeant les noms et quelques énigmes. Le héros et l'héroïne de service tentent d'échapper à la CIA (on ne sait pas très bien pourquoi, eux non plus, mais ça donne du rythme). Le méchant, qui est vraiment très méchant, sème les morceaux de cadavres (là encore, on ne change pas une recette qui gagne). Une mauvaise langue pourrait dire que Dan Brown compense la platitude de son style par le sadisme de ses mises en scène.
Le scénario est truffé d'invraisemblances. Je ne parle pas de l'enjeu, qui est comme d'habitude le destin de l'humanité, mais simplement du déroulement. Mon gag préféré est un classique :
Le méchant tue tous ceux qui lui passent sous la main sans état d'âme ni perte de temps. Tout le monde, sauf les héros. Eux, il leur réserve un sort plus terrible. Pour le héros, jamais de "paf entre les deux yeux"... ce serait trop simple. Plutôt une mise à mort via un dispositif complexe et long auquel le sinistre personnage n'a pas le temps d'assister.
Enfin, il y a le style Dan Brown. Les héros, qui passent la moitié de leur temps à courir pour échapper à la CIA et sauver le monde, passent l'autre moitié à philosopher tout en faisant des expériences de chimie amusante et de jeux de plage mathématiques sur une petite pyramide détentrice de bien grands secrets.
La fin du livre est particulièrement pénible. Je me suis endormi plusieurs fois avant d'en venir à bout.
Bref, arrêtons le massacre. J'ai perdu mon temps. Ne perdez pas le vôtre.
5/20
vendredi 22 janvier 2010
Oh happy day
Courir avec des Ciseaux est le premier roman autobiographique d'Augusten Burroughs : il y raconte son enfance. Il s'est révélé bien plus dur que Déboire (ses démêlés avec l'alcool) et Pensée Magique (principalement des brèves sur sa vie quotidienne et quelques souvenirs de jeunesse), postérieurs et dans l'œuvre de Burroughs et dans l'évolution de sa vie.
Heureusement, l'humour et la sensibilité de l'auteur rendent le récit supportable, et même drôle. Raconté de façon plus crue, il serait intenable tant enfant il souffrit de tous les maux possibles :
Parents se déchirant verbalement et s'agressant physiquement avant de se séparer, mère poétesse folle qui l'abandonne aux bons soins de son psy qui en devient le tuteur, violé par le fils de sa famille d'adoption...
Inadapté à son école, il simule avec l'aide du psy une tentative de suicide pour en être dispensé. Il faut dire qu'il ne l'aime pas, son école :
Il y avait un autre problème, d'ordre esthétique. L'imposant bâtiment gris de plain-pied m'évoquait une usine spécialisée dans la production à la chaîne d'aliments à base de viande hachée, ou la fabrication d'yeux en plastique pour animaux en peluche. En aucun cas ce n'était le genre d'endroit où je pouvais avoir envie de passer du temps dans la vraie vie. Le cinéma d'Amherst, à l'inverse, était pile le lieu type où j'avais envie de traîner. Il y avait même un coin fumeur. J'aimais bien également le Chess King, au Hampshire Mall. Ils y vendaient des chemises avec bandes réfléchissantes incorporées et de formidables pantalons blancs habillés au pli permanent.
C'est émouvant, souvent drôle, notamment quand Augusten et Nathalie, une des filles de la famille, décident de casser le plafond de la cuisine pour "y faire entrer davantage de lumière".
Je laisse le mot de la fin à l'auteur dans ses remerciements :
"Je sais également gré à mon père et ma mère de m'avoir donné, même par inadvertance, une enfance à ce point mémorable."
Grand merci pour ma part à Lily qui m'a permis de connaître ce grand auteur.
17/20
PS : Le livre a été adapté au cinéma en 2007, sous le même titre et avec une fort belle distribution : Alec Baldwin, Gwyneth Paltrow, Annette Bening, Joseph Fiennes
Heureusement, l'humour et la sensibilité de l'auteur rendent le récit supportable, et même drôle. Raconté de façon plus crue, il serait intenable tant enfant il souffrit de tous les maux possibles :
Parents se déchirant verbalement et s'agressant physiquement avant de se séparer, mère poétesse folle qui l'abandonne aux bons soins de son psy qui en devient le tuteur, violé par le fils de sa famille d'adoption...
Inadapté à son école, il simule avec l'aide du psy une tentative de suicide pour en être dispensé. Il faut dire qu'il ne l'aime pas, son école :
Il y avait un autre problème, d'ordre esthétique. L'imposant bâtiment gris de plain-pied m'évoquait une usine spécialisée dans la production à la chaîne d'aliments à base de viande hachée, ou la fabrication d'yeux en plastique pour animaux en peluche. En aucun cas ce n'était le genre d'endroit où je pouvais avoir envie de passer du temps dans la vraie vie. Le cinéma d'Amherst, à l'inverse, était pile le lieu type où j'avais envie de traîner. Il y avait même un coin fumeur. J'aimais bien également le Chess King, au Hampshire Mall. Ils y vendaient des chemises avec bandes réfléchissantes incorporées et de formidables pantalons blancs habillés au pli permanent.
C'est émouvant, souvent drôle, notamment quand Augusten et Nathalie, une des filles de la famille, décident de casser le plafond de la cuisine pour "y faire entrer davantage de lumière".
Je laisse le mot de la fin à l'auteur dans ses remerciements :
"Je sais également gré à mon père et ma mère de m'avoir donné, même par inadvertance, une enfance à ce point mémorable."
Grand merci pour ma part à Lily qui m'a permis de connaître ce grand auteur.
17/20
PS : Le livre a été adapté au cinéma en 2007, sous le même titre et avec une fort belle distribution : Alec Baldwin, Gwyneth Paltrow, Annette Bening, Joseph Fiennes
Libellés :
* Comédie dramatique,
Burroughs (Augusten)
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