Cette entité n'est pas Cthulhu, mais le Kraken, monstruosité céphalopode faisant l'objet d'un culte de la part de mystérieux adorateurs.
Des cultes mystérieux, des cultistes fanatiques, une brigade spéciale anti-ces sombres choses, une fois de plus Londres révèle ses faces les plus mystérieuses. China Mieville, avec Kraken, écrit son propre Neverwhere. Avec style, brio.
Lecture trop déjantée pour le lecteur non averti et l'amateur d'action pure. A réserver aux amateurs d'occultisme, de références tordues et de beauté littéraire.
NB : Prix Locus du meilleur roman de fantasy 2011
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lundi 5 septembre 2016
Un goût de madeleine
Avec l'Océan au Bout du Chemin, Neil Gaiman signe un roman plus autobiographique que les précédents.
Le narrateur retourne dans le patelin de son enfance suite au décès de son père. Des souvenirs lui reviennent. L'envie de revoir la maison familiale. De poursuivre le long du chemin. Jusqu'à une vieille ferme. Le souvenir d'une petite fille, son amie, qui s'est sacrifiée pour lui à l'époque et a dû partir au bout de l'océan, derrière l'étang.
Le talent de Neil Gaiman me touche et me bouleverse toujours autant. J'ai lu ce récit d'une traite.
NB : Prix Locus du meilleur roman de fantasy 2014
Le narrateur retourne dans le patelin de son enfance suite au décès de son père. Des souvenirs lui reviennent. L'envie de revoir la maison familiale. De poursuivre le long du chemin. Jusqu'à une vieille ferme. Le souvenir d'une petite fille, son amie, qui s'est sacrifiée pour lui à l'époque et a dû partir au bout de l'océan, derrière l'étang.
Le talent de Neil Gaiman me touche et me bouleverse toujours autant. J'ai lu ce récit d'une traite.
NB : Prix Locus du meilleur roman de fantasy 2014
mardi 19 juin 2012
Un jour, un sorcier est venu frapper à la porte...
C'est une sorte de rituel imposé. Le héros d'un cycle d'heroic fantasy, en général, ne se doute de rien, au départ. Le destin, généralement sous la forme d'un vieux sorcier, vient frapper à sa porte. Vous noterez le terme "cycle". L'heroic fantasy, ça ne s'expédie pas, ça se déguste sur le long terme.
Dans le cas présent, le dénommé Terry Goodkind a écrit un honnête bouquin : La Première Leçon du Sorcier (le titre) L'Epée de Vérité (le nom du cycle) tome I. L'ensemble est honnêtement mené, le héros a de la carrure même "s'il n'a pas demandé à être là et voudrait bien rentrer chez lui", le vieux mage bougon bougonne et lance du feu, la belle sorcière est mystérieuse, le vert pays natal est en danger car au-delà de la frontière les forces du mal menacent. La petite touche personnelle : un peu de sadisme de temps à autre pour pimenter et donner un style. L'ensemble se lirait fort honnêtement si le souffle épique, élément nécessaire au genre, n'était pas totalement absent. Le grand Raymond E. Feist l'avait acquis au cours de son premier tome des chroniques de Krondor. Robert Jordan compte l'épique parmi ses rares qualités. Goodkind, dans son tome 1, ne l'effleure même pas. Son monde, que l'on traverse à pied en une semaine, semble constitué de quelques groupes épars d'individus. C'est très pratique quand on cherche quelqu'un, mais peut laisser songeur un lecteur tatillon.
Toutefois, et si l'on fait abstraction d'une absence totale de style, l'ensemble se lit bien, est inégal mais parfois agréable et a le bon goût de se conclure à la fin du livre.
Ce serait sans compter l'éditeur. Je l'entends d'ici.
"- Mais c'est qu'il s'est pas mal vendu, ton livre, coco. Pas mal du tout. Tu vas me faire la suite.
- Monsieur, j'avais terminé mon histoire...
- Je veux rien entendre. Tu m'en fais dix tomes de plus.
- Avec les mêmes idées.
- Evidemment. Bon, tu essaies de me rajouter un personnage et une nouveauté de temps en temps, mais sans stress. Fais durer, fils. Fais durer."
Bon soldat, Goodkind s'est exécuté. C'est là qu'arrive "La Pierre des Larmes", le tome 2... La copie du premier. Non seulement je me suis arrêté à la page 300, taraudé de questions existentielles sur l'inanité de la lecture, mais surtout sans le moindre regret. Goodkind écrit, mais il n'est en rien écrivain. L'ensemble est sans imagination, long, lent, et artificiellement épicé de passages sanguinolents plus ou moins sadiques pour donner un fallacieux sentiment de rythme.
L'ensemble est édité en français chez Bragelonne. J'aurais dû me méfier.
Dans le cas présent, le dénommé Terry Goodkind a écrit un honnête bouquin : La Première Leçon du Sorcier (le titre) L'Epée de Vérité (le nom du cycle) tome I. L'ensemble est honnêtement mené, le héros a de la carrure même "s'il n'a pas demandé à être là et voudrait bien rentrer chez lui", le vieux mage bougon bougonne et lance du feu, la belle sorcière est mystérieuse, le vert pays natal est en danger car au-delà de la frontière les forces du mal menacent. La petite touche personnelle : un peu de sadisme de temps à autre pour pimenter et donner un style. L'ensemble se lirait fort honnêtement si le souffle épique, élément nécessaire au genre, n'était pas totalement absent. Le grand Raymond E. Feist l'avait acquis au cours de son premier tome des chroniques de Krondor. Robert Jordan compte l'épique parmi ses rares qualités. Goodkind, dans son tome 1, ne l'effleure même pas. Son monde, que l'on traverse à pied en une semaine, semble constitué de quelques groupes épars d'individus. C'est très pratique quand on cherche quelqu'un, mais peut laisser songeur un lecteur tatillon.
Toutefois, et si l'on fait abstraction d'une absence totale de style, l'ensemble se lit bien, est inégal mais parfois agréable et a le bon goût de se conclure à la fin du livre.
Ce serait sans compter l'éditeur. Je l'entends d'ici.
"- Mais c'est qu'il s'est pas mal vendu, ton livre, coco. Pas mal du tout. Tu vas me faire la suite.
- Monsieur, j'avais terminé mon histoire...
- Je veux rien entendre. Tu m'en fais dix tomes de plus.
- Avec les mêmes idées.
- Evidemment. Bon, tu essaies de me rajouter un personnage et une nouveauté de temps en temps, mais sans stress. Fais durer, fils. Fais durer."
Bon soldat, Goodkind s'est exécuté. C'est là qu'arrive "La Pierre des Larmes", le tome 2... La copie du premier. Non seulement je me suis arrêté à la page 300, taraudé de questions existentielles sur l'inanité de la lecture, mais surtout sans le moindre regret. Goodkind écrit, mais il n'est en rien écrivain. L'ensemble est sans imagination, long, lent, et artificiellement épicé de passages sanguinolents plus ou moins sadiques pour donner un fallacieux sentiment de rythme.
L'ensemble est édité en français chez Bragelonne. J'aurais dû me méfier.
dimanche 17 avril 2011
Assassin
Dans le roman Gagner la Guerre, Jean-Philippe Jaworski replonge son lecteur dans le monde qu'il avait dépeint dans son recueil Janua Vera. Ce long récit (près d'un millier de pages, tout de même) est raconté à la première personne par Benvenuto. Benvenuto est un salaud. Un assassin au service d'un podestat de la république de Ciudalia. L'auteur et son narrateur nous présentent les complexes intrigues de jeu de pouvoir au sein de la cité juste victorieuse face à son ennemi ressinien.
J'adore la plume de Jaworski. Il joue de divers registres de langues, du plus châtié au plus argotique avec une joie manifeste. Ses personnages sont hauts en couleur, les raisonnements fins et les descriptions lumineuses.
Mais... Mais Benvenuto n'attire absolument pas la sympathie. Et suivre aussi longtemps un gaillard si détestable n'est au bout d'un moment pas agréable. Alors oui, Jaworski joue de la surprise, nous faisant croire régulièrement à la rédemption de son narrateur, qui au bout du compte ne saisira aucune opportunité dans ce sens. Oui, la vision totalement désabusée de la politique et des motivations des politiciens est finement amenée. Toutefois, le pessimisme absolu de l'auteur dans son récit aurait gagné à être, selon moi, contrebalancé par une note d'espoir. Il n'en laisse aucune. Et je trouve cela dommage.
Extrait page 694 (Editions Folio) d'un échange entre Benvenuto et son compagnon elfe :
"Ah ça y est ! Ca me revient ! s'écria-t-il. J'ai bien un message à te donner ! J'ai rencontré un homme qui voulait te parler.
- Hein ? Et c'est seulement maintenant que tu me l'annonces ?
- Ca m'est sorti de l'esprit...
- Et c'est qui, ce type ? Tu le connais ?
- Je ne l'ai jamais vu jusqu'alors.
- Et il t'a donné son nom ?
- Heu... Il ne me l'a pas dit... Il affirmait être de ton bord... Il te donnait rendez-vous au Dernier Carré ; tu le trouveras à tous les coups, à ce qu'il m'a assuré.
- Et c'était un métèque ?
- Un métèque ? ... Qu'entends-tu par ce terme ?
- Un type un peu nègre. Un basané, quoi !
- Un individu bronzé ? Qui aurait un peu ton épiderme ?"
Je ravalai le chapelet d'injures qui se bousculaient sur mes lèvres.
"Un type bien plus bronzé que moi., grondai-je, foncé comme un bon marron."
Annoeth haussa les épaules, et me répondit avec un sourire vaguement fat :
"Je n'en ai aucune idée. A nos yeux, tous les Humains paraissent nés dans la même portée."
En dépit de ce bémol personnel, l'ensemble reste une bien belle lecture.
J'adore la plume de Jaworski. Il joue de divers registres de langues, du plus châtié au plus argotique avec une joie manifeste. Ses personnages sont hauts en couleur, les raisonnements fins et les descriptions lumineuses.
Mais... Mais Benvenuto n'attire absolument pas la sympathie. Et suivre aussi longtemps un gaillard si détestable n'est au bout d'un moment pas agréable. Alors oui, Jaworski joue de la surprise, nous faisant croire régulièrement à la rédemption de son narrateur, qui au bout du compte ne saisira aucune opportunité dans ce sens. Oui, la vision totalement désabusée de la politique et des motivations des politiciens est finement amenée. Toutefois, le pessimisme absolu de l'auteur dans son récit aurait gagné à être, selon moi, contrebalancé par une note d'espoir. Il n'en laisse aucune. Et je trouve cela dommage.
Extrait page 694 (Editions Folio) d'un échange entre Benvenuto et son compagnon elfe :
"Ah ça y est ! Ca me revient ! s'écria-t-il. J'ai bien un message à te donner ! J'ai rencontré un homme qui voulait te parler.
- Hein ? Et c'est seulement maintenant que tu me l'annonces ?
- Ca m'est sorti de l'esprit...
- Et c'est qui, ce type ? Tu le connais ?
- Je ne l'ai jamais vu jusqu'alors.
- Et il t'a donné son nom ?
- Heu... Il ne me l'a pas dit... Il affirmait être de ton bord... Il te donnait rendez-vous au Dernier Carré ; tu le trouveras à tous les coups, à ce qu'il m'a assuré.
- Et c'était un métèque ?
- Un métèque ? ... Qu'entends-tu par ce terme ?
- Un type un peu nègre. Un basané, quoi !
- Un individu bronzé ? Qui aurait un peu ton épiderme ?"
Je ravalai le chapelet d'injures qui se bousculaient sur mes lèvres.
"Un type bien plus bronzé que moi., grondai-je, foncé comme un bon marron."
Annoeth haussa les épaules, et me répondit avec un sourire vaguement fat :
"Je n'en ai aucune idée. A nos yeux, tous les Humains paraissent nés dans la même portée."
En dépit de ce bémol personnel, l'ensemble reste une bien belle lecture.
Libellés :
* Fantasy,
Jaworski (Jean-Philippe)
mardi 22 mars 2011
Des Choses Fragiles
Quel conteur. Quel plaisir toujours renouvelé que d'ouvrir un ouvrage de Neil Gaiman. Des Choses Fragiles est un recueil de nouvelles. Beaucoup primées. Toutes différentes. Des idées simples et si lumineuses que l'on se demande systématiquement : quelle belle idée, pourquoi n'y ai-je jamais pensé ?
Une Etude en Vert, nouvelle mêlant les univers de Sherlock Holmes et de Lovecraft est tout simplement jouissive. La Présidence d'Octobre, où les mois de l'année se retrouvent autour du feu pour se raconter des histoires, est également un grand moment. La Vérité sur le Cas du Départ de Mademoiselle Finch, où le narrateur découvre un étrange cirque en représentation sous Londres, je l'ai relu à haute voix pour la savourer.
Il y a aussi des mini-nouvelles, comme d'Etranges Petites Filles : une douzaine de portraits de moins d'une page. Un exercice dans lequel l'auteur excelle.
Extrait de cette nouvelle : Pluie de sang (page 235, J'ai Lu)
"Voici : un exercice de choix. Votre choix. L'un des récits suivants est vrai.
Elle a survécu à la guerre. En 1959, elle s'est exilée en Amérique. Cette toute petite Française aux cheveux blancs, avec une fille et une petite-fille, habite désormais un appartement à Miami. Elle ne fréquente personne et ne sourit que rarement, comme si le poids des souvenirs l'empêchait de trouver la joie.
Ou bien c'est un mensonge. En fait, la Gestapo l'a ramassée alors qu'elle franchissait une frontière en 1943, et l'a laissée dans un champ. D'abord, elle a creusé sa propre tombe, puis on lui a tiré une balle dans la nuque.
Sa dernière pensée, avant ladite balle, a été qu'elle était enceinte de quatre mois et que si nous ne nous battons pas pour créer un futur, il n'en existera aucun pour personne.
Il est à Miami une vieille femme qui s'éveille, désorientée, d'un rêve où le vent soufflait sur les fleurs sauvages dans un pré.
Il est sous la terre chaude française des os inaltérés qui rêvent du mariage d'un enfant - une fille. On y boit du bon vin. Les seules larmes qu'on y verse sont des larmes de joie."
Avec Gaiman, le but est dans le chemin. Les conclusions m'ont rarement autant plu que le fil des histoires. Je souhaiterais plutôt qu'elles ne s'arrêtent pas. Un peu comme lorsque l'on finit le Seigneur des Anneaux et que l'on se voit obligé de vite le recommencer pour ne pas quitter Frodon et Sam.
Une Etude en Vert, nouvelle mêlant les univers de Sherlock Holmes et de Lovecraft est tout simplement jouissive. La Présidence d'Octobre, où les mois de l'année se retrouvent autour du feu pour se raconter des histoires, est également un grand moment. La Vérité sur le Cas du Départ de Mademoiselle Finch, où le narrateur découvre un étrange cirque en représentation sous Londres, je l'ai relu à haute voix pour la savourer.
Il y a aussi des mini-nouvelles, comme d'Etranges Petites Filles : une douzaine de portraits de moins d'une page. Un exercice dans lequel l'auteur excelle.
Extrait de cette nouvelle : Pluie de sang (page 235, J'ai Lu)
"Voici : un exercice de choix. Votre choix. L'un des récits suivants est vrai.
Elle a survécu à la guerre. En 1959, elle s'est exilée en Amérique. Cette toute petite Française aux cheveux blancs, avec une fille et une petite-fille, habite désormais un appartement à Miami. Elle ne fréquente personne et ne sourit que rarement, comme si le poids des souvenirs l'empêchait de trouver la joie.
Ou bien c'est un mensonge. En fait, la Gestapo l'a ramassée alors qu'elle franchissait une frontière en 1943, et l'a laissée dans un champ. D'abord, elle a creusé sa propre tombe, puis on lui a tiré une balle dans la nuque.
Sa dernière pensée, avant ladite balle, a été qu'elle était enceinte de quatre mois et que si nous ne nous battons pas pour créer un futur, il n'en existera aucun pour personne.
Il est à Miami une vieille femme qui s'éveille, désorientée, d'un rêve où le vent soufflait sur les fleurs sauvages dans un pré.
Il est sous la terre chaude française des os inaltérés qui rêvent du mariage d'un enfant - une fille. On y boit du bon vin. Les seules larmes qu'on y verse sont des larmes de joie."
Avec Gaiman, le but est dans le chemin. Les conclusions m'ont rarement autant plu que le fil des histoires. Je souhaiterais plutôt qu'elles ne s'arrêtent pas. Un peu comme lorsque l'on finit le Seigneur des Anneaux et que l'on se voit obligé de vite le recommencer pour ne pas quitter Frodon et Sam.
vendredi 21 janvier 2011
Soap Opera
This is the end.
My only friend, the end
Of our elaborate plans, the end
Of everything that stands, the end
No safety or surprise, the end
Oui, la fin, car cela suffit. Le Cor de Valere et La Bannière du Dragon, respectivement tomes 3 et 4 du cycle la Roue du Temps de Robert Jordan, sont, pour moi, la fin du cycle (jusqu'à ce que j'y retombe, dans un moment de faiblesse). Je ne lirai pas les 21 tomes.
L'auteur n'est pas dénué de talent, ni d'idées, mais il tire à la ligne de façon totalement outrancière. De temps, en temps, il se passe quelque chose. Ces scènes "actives" sont d'ailleurs, paradoxalement, souvent traitées trop vite, pour retomber tristement dans l'état contemplatif . Combien de fois... combien de fois ai-je relu pendant ces quatre tomes un des héros se lamenter sur le thème "oh, pourquoi ne sommes-nous pas restés chez nous ? Pourquoi les Aes Sedai sont-elles venues s'immiscer dans nos vies. Elles nous le paieront." Si je dis quarante fois, je suis certain d'être en dessous de la réalité, et non, je ne me livrerai pas à un décompte systématique.
De surcroit, l'histoire est complexifiée à l'excès, au détriment d'une trame plus pure. Ainsi, dire qu'il existe sur le continent des portes ouvrant sur des chemins passant par un monde parallèle, dangereux mais permettant de gagner du temps de trajet, soit. Mais qu'il existe un autre type de portes, ouvrant sur d'autres mondes parallèles, et dont les héros se servent à peu près pour la même chose, c'est trop.
Pour conclure, ces deux tomes se lisent bien, facilement, mais leur manque d'éclat, de rythme, font qu'une fois le livre posé, on n'a pas particulièrement envie de le rouvrir.
13/20
mardi 14 décembre 2010
Sombres ennemis
L'Oeil du Monde, tome 2 du cycle de Robert Jordan La Roue du Temps, a marqué à mes yeux le véritable décollage du cycle. Après un tome 1 que j'avais trouvé quelque peu plagié, du moins peu personnel, Jordan confère sa patte propre à son histoire. Une bonne dose de paranoïa, liée à l'omniprésence des agents des Ténèbres dans la population tient efficacement en haleine. Pas uniquement dans la population d'ailleurs :
Extrait, page 35 :
"Au même moment, une bande de corbeaux surgit des arbres au-dessous d'eux, une cinquantaine, non une centaine d'oiseaux noirs montants en spirale dans le ciel. Il se figea dans sa pose accroupie tandis que la bande tournoyait au-dessus des arbres. Les yeux du Ténébreux. M'ont-ils aperçu ? Des gouttes de sueur ruisselèrent sur sa figure.
Comme si une pensée avait soudain jailli dans cette centaine de petits cerveaux, chaque corbeau vira brusquement dans la même direction. Le sud. La bande disparut au-delà de la colline suivante, descendant déjà. A l'est un autre bosquet vomit d'autres corbeaux. La masse noire tourna en cercle par deux fois et partit cap au sud."
Les visites nocturnes du Ténébreux, qui hante les rêves des héros, sont angoissantes : classique phobie du rêve dont on n'arrive pas à se réveiller, et où l'on se retrouve mystérieusement vulnérable.
En revanche, la scène finale de confrontation est assez mal amenée, et étonnamment peu claire. Peut-être est-ce volontaire de la part de l'auteur, qui ainsi conserve une part de mystère à exploiter. Il n'empêche que le résultat est peu satisfaisant.
Quant aux protagonistes, Jordan ne les rend pas très sympathiques. D'aucun dirait qu'il les rend complexes. Je trouve surtout qu'on s'y attache peu, ce qui est dommage vu qu'on les voit beaucoup. Et longtemps.
Car Jordan prend son temps. Il tire à la ligne pourrait-on même dire.
Pourtant, étonnamment, la lecture est rapide et éminemment digeste.
14/20 à cette petite littérature bien agréable.
PS : La couverture n'est en rien liée au roman. Je me suis toujours demandé selon quels critères les éditeurs de Fantasy les sélectionnaient.
Extrait, page 35 :
"Au même moment, une bande de corbeaux surgit des arbres au-dessous d'eux, une cinquantaine, non une centaine d'oiseaux noirs montants en spirale dans le ciel. Il se figea dans sa pose accroupie tandis que la bande tournoyait au-dessus des arbres. Les yeux du Ténébreux. M'ont-ils aperçu ? Des gouttes de sueur ruisselèrent sur sa figure.
Comme si une pensée avait soudain jailli dans cette centaine de petits cerveaux, chaque corbeau vira brusquement dans la même direction. Le sud. La bande disparut au-delà de la colline suivante, descendant déjà. A l'est un autre bosquet vomit d'autres corbeaux. La masse noire tourna en cercle par deux fois et partit cap au sud."
Les visites nocturnes du Ténébreux, qui hante les rêves des héros, sont angoissantes : classique phobie du rêve dont on n'arrive pas à se réveiller, et où l'on se retrouve mystérieusement vulnérable.
En revanche, la scène finale de confrontation est assez mal amenée, et étonnamment peu claire. Peut-être est-ce volontaire de la part de l'auteur, qui ainsi conserve une part de mystère à exploiter. Il n'empêche que le résultat est peu satisfaisant.
Quant aux protagonistes, Jordan ne les rend pas très sympathiques. D'aucun dirait qu'il les rend complexes. Je trouve surtout qu'on s'y attache peu, ce qui est dommage vu qu'on les voit beaucoup. Et longtemps.
Car Jordan prend son temps. Il tire à la ligne pourrait-on même dire.
Pourtant, étonnamment, la lecture est rapide et éminemment digeste.
14/20 à cette petite littérature bien agréable.
PS : La couverture n'est en rien liée au roman. Je me suis toujours demandé selon quels critères les éditeurs de Fantasy les sélectionnaient.
mercredi 17 novembre 2010
L'esprit de Tolkien
Quand j'ai ouvert La Roue du Temps, de Robert Jordan, ce n'était pas sans une certaine appréhension en pensant aux 18 volumes de la saga. Si j'avais le malheur d'aimer, je mettais le doigt dans quelque chose de conséquent.
Malheur à moi, j'ai dévoré ce roman. Comme il va de soi en Heroic Fantasy, les héros vivent dans un petit village reculé et la grande histoire va venir les chercher.
Hommage au Seigneur des Anneaux ? Le magicien de passage dans leur village(Gandalf - Dame Moiraine), le jour d'une grande fête, va les guider dans leur périple. Ils seront menés dans leur route par un guerrier/homme des bois/de noble lignée (Aragorn - Lan) Ils vont être poursuivis par des cavaliers noirs (Nazgul - Myrdraal). Dans les ruines d'une vieille cité (Khazad-dûm, Shadar Logoth), ils vont faire face à une très ancienne entité maléfique (le Balrog - Mashadar). Vers la fin du tome 1, poursuivis par des hordes du Seigneur des Ombres (Sauron - Baalzamon), qui est enfermé sous la montagne de Barad-Dûr - Shayol Ghul, la communauté va être amenée à se disperser...
Oui, ça fait beaucoup. Et pourtant, l'auteur maîtrise bien son sujet, sait donner progressivement une ampleur à sa propre mythologie, et l'on est habilement pris au jeu. Je ne parlerai donc pas de plagiat, mais d'hommages et de références.
Je conseille chaleureusement ce premier tome aux amateurs d'Heroic Fantasy. Les autres peuvent sans état d'âme passer tranquillement leur chemin.
15/20
Malheur à moi, j'ai dévoré ce roman. Comme il va de soi en Heroic Fantasy, les héros vivent dans un petit village reculé et la grande histoire va venir les chercher.
Hommage au Seigneur des Anneaux ? Le magicien de passage dans leur village(Gandalf - Dame Moiraine), le jour d'une grande fête, va les guider dans leur périple. Ils seront menés dans leur route par un guerrier/homme des bois/de noble lignée (Aragorn - Lan) Ils vont être poursuivis par des cavaliers noirs (Nazgul - Myrdraal). Dans les ruines d'une vieille cité (Khazad-dûm, Shadar Logoth), ils vont faire face à une très ancienne entité maléfique (le Balrog - Mashadar). Vers la fin du tome 1, poursuivis par des hordes du Seigneur des Ombres (Sauron - Baalzamon), qui est enfermé sous la montagne de Barad-Dûr - Shayol Ghul, la communauté va être amenée à se disperser...
Oui, ça fait beaucoup. Et pourtant, l'auteur maîtrise bien son sujet, sait donner progressivement une ampleur à sa propre mythologie, et l'on est habilement pris au jeu. Je ne parlerai donc pas de plagiat, mais d'hommages et de références.
Je conseille chaleureusement ce premier tome aux amateurs d'Heroic Fantasy. Les autres peuvent sans état d'âme passer tranquillement leur chemin.
15/20
mardi 29 septembre 2009
Ce matin, un lapin, a tué...
Chasse Sacrée est le troisième livre du cyle de fantasy entamé par Lois MacMaster Bujold, appelé Cycle de Chalion, après le Fléau de Chalion et Paladin des Ames.
Les trois ouvrages traitent d'histoires distinctes, quasiment indépendantes pour les deux premières et totalement dans le cas de la troisième. Seul demeure la logique d'un monde féodal complexe où la théologie tient une place centrale et bien plus concrète que conceptuelle étant donné la tendance des cinq Dieux à intervenir, par le truchement d'individus, plus ou moins directement dans les affaires humaines.
N'ayons pas peur des mots, les deux premiers ouvrages étaient géniaux. Chasse Gardée, le troisième, n'étant que très bon, c'est une demi-déception. L'auteur n'a pas su renouveler l'effet de surprise des deux premiers et ses ficelles sont un peu plus usées.
L'intrigue est très complexe. A tel point que la plupart du temps, ni le lecteur, ni les protagonistes, ne la saisissent pleinement. Le livre terminé, je devrais être en mesure de tout pouvoir expliquer. Je suis toutefois soulagé qu'il n'y ait pas d'interrogation surprise...
"Vous expliquerez pourquoi un guerrier hybride ne doit le salut de son âme qu'au fait que son esprit animal lui soit oté par un shaman au moment de sa mort, à moins qu'un porte-étendard ne soit encore en vie pour prolonger ce délai. Vous avez une heure." Euh...
Que cette légère critique ne vous dissuade pas d'ouvrir le livre. Le style de l'auteur est toujours aussi agréable, rapide (ce qui fait beaucoup de bien après avoir lu notamment du Peter Hamilton) et ses idées fines et bien trouvées. Tout cela demeure un vrai plaisir de lecture.
15/20
PS : Après la série Hamilton, encore un ouvrage édité chez Milady/Bragelonne. Des gens habiles dans la sélection de leurs oeuvres et auteurs, mais qui devraient faire moins d'économies sur les aspects édition et traduction. Cette fois encore, des oublis de mots à répétition, un clair manque de relecture, et un traducteur qui à coup sûr n'est pas la réincarnation de Baudelaire, nuisent (très) légèrement au plaisir de lecture.
Les trois ouvrages traitent d'histoires distinctes, quasiment indépendantes pour les deux premières et totalement dans le cas de la troisième. Seul demeure la logique d'un monde féodal complexe où la théologie tient une place centrale et bien plus concrète que conceptuelle étant donné la tendance des cinq Dieux à intervenir, par le truchement d'individus, plus ou moins directement dans les affaires humaines.
N'ayons pas peur des mots, les deux premiers ouvrages étaient géniaux. Chasse Gardée, le troisième, n'étant que très bon, c'est une demi-déception. L'auteur n'a pas su renouveler l'effet de surprise des deux premiers et ses ficelles sont un peu plus usées.
L'intrigue est très complexe. A tel point que la plupart du temps, ni le lecteur, ni les protagonistes, ne la saisissent pleinement. Le livre terminé, je devrais être en mesure de tout pouvoir expliquer. Je suis toutefois soulagé qu'il n'y ait pas d'interrogation surprise...
"Vous expliquerez pourquoi un guerrier hybride ne doit le salut de son âme qu'au fait que son esprit animal lui soit oté par un shaman au moment de sa mort, à moins qu'un porte-étendard ne soit encore en vie pour prolonger ce délai. Vous avez une heure." Euh...
Que cette légère critique ne vous dissuade pas d'ouvrir le livre. Le style de l'auteur est toujours aussi agréable, rapide (ce qui fait beaucoup de bien après avoir lu notamment du Peter Hamilton) et ses idées fines et bien trouvées. Tout cela demeure un vrai plaisir de lecture.
15/20
PS : Après la série Hamilton, encore un ouvrage édité chez Milady/Bragelonne. Des gens habiles dans la sélection de leurs oeuvres et auteurs, mais qui devraient faire moins d'économies sur les aspects édition et traduction. Cette fois encore, des oublis de mots à répétition, un clair manque de relecture, et un traducteur qui à coup sûr n'est pas la réincarnation de Baudelaire, nuisent (très) légèrement au plaisir de lecture.
Libellés :
* Fantasy,
MacMaster Bujold (Lois)
jeudi 2 juillet 2009
Janua Vera

Sous ce titre énigmatique, Janua Vera, se cache un recueil de nouvelles. L'auteur, Jean-Philippe Jaworski, écrit en français. C'est un réel plaisir que de lire un livre dans sa version originale et non une traduction. Plaisir décuplé lorsque l'auteur manie aussi bien la langue de Molière. Après Damasio, voici le deuxième auteur francophone cette année dont je tombe amoureux du verbe.
Le livre est un recueil de nouvelles. Indépendantes, elles forment néanmoins une peinture d'ensemble du Vieux Royaume, dans ses différentes provinces et la diversité de ses habitants.
Le Vieux Royaume n'est pas un simple univers médiéval. Il répond aux codes de l'Heroic Fantasy. Il n'y a que le lecteur qui n'a pas été mis au courant. C'est pourquoi la première mention d'un acte de magie, ou l'évocation de la présence d'Elfes, n'en est que plus inattendue.
Jaworski sait manier l'épique aussi bien que la farce. Il y en a qui ont tous les talents. L'art de la nouvelle est pleinement maîtrisé, art de concision, de rebondissements et sans cesse de renouvellement.
Une très belle lecture, à ne pas manquer. Le Cafard Cosmique (http://www.cafardcosmique.com/), pour lequel mon respect va croissant, lui décerna d'ailleurs son prix 2008
17/20
PS : Si après cela, l'envie vous prend de relire quelques autres recueils de nouvelles, vous pouvez (re)lire par exemple les Histoires Fantastiques d'Edgar A. Poe (traduites en français par Baudelaire, s'il vous plait), le K de Dino Buzzati, ou Tierra del Fuego de Francisco Coloane. Il y en aurait tant d'autres, mais ces trois-ci ont des places de choix dans mon Panthéon personnel.
Le livre est un recueil de nouvelles. Indépendantes, elles forment néanmoins une peinture d'ensemble du Vieux Royaume, dans ses différentes provinces et la diversité de ses habitants.
Le Vieux Royaume n'est pas un simple univers médiéval. Il répond aux codes de l'Heroic Fantasy. Il n'y a que le lecteur qui n'a pas été mis au courant. C'est pourquoi la première mention d'un acte de magie, ou l'évocation de la présence d'Elfes, n'en est que plus inattendue.
Jaworski sait manier l'épique aussi bien que la farce. Il y en a qui ont tous les talents. L'art de la nouvelle est pleinement maîtrisé, art de concision, de rebondissements et sans cesse de renouvellement.
Une très belle lecture, à ne pas manquer. Le Cafard Cosmique (http://www.cafardcosmique.com/), pour lequel mon respect va croissant, lui décerna d'ailleurs son prix 2008
17/20
PS : Si après cela, l'envie vous prend de relire quelques autres recueils de nouvelles, vous pouvez (re)lire par exemple les Histoires Fantastiques d'Edgar A. Poe (traduites en français par Baudelaire, s'il vous plait), le K de Dino Buzzati, ou Tierra del Fuego de Francisco Coloane. Il y en aurait tant d'autres, mais ces trois-ci ont des places de choix dans mon Panthéon personnel.
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Jaworski (Jean-Philippe)
lundi 5 janvier 2009
Et pour quelques démons de plus

J'ai craqué. Le Fléau de Chalion s'était révélé une si agréable surprise, j'ai enchaîné avec Paladin des Ames, de Lois MacMaster Bujold. Même schéma que dans le précédent : Madame Bujold aime surprendre, commencer une histoire de façon très terre à terre, et la terminer sur un mode purement théologique. Une fois de plus, j'ai été surpris : cette délicieuse sensation de ne pas avoir déjà lu vingt fois cette idée, cette trame d'histoire.
Ce livre est le modèle même qu'on commence à lire tranquillement, dans le métro, pour se détendre en attendant la station, et qui à mi-parcours commence à coller aux doigts. Finalement, on le finit à 3 heures du matin, épuisé mais heureux, et certain de se maudire de sa curiosité le lendemain.
Ce livre est le modèle même qu'on commence à lire tranquillement, dans le métro, pour se détendre en attendant la station, et qui à mi-parcours commence à coller aux doigts. Finalement, on le finit à 3 heures du matin, épuisé mais heureux, et certain de se maudire de sa curiosité le lendemain.
Le héros de ce nouvel opus est la reine mère Ista. Une femme démente, personnage secondaire du précédent volume. L'astuce de changer de personnel principal, notamment quand celui-ci est narrateur, afin de donner un nouveau souffle à une saga, s'avère ici efficace.
Comme elle l'avait été dans la Stratégie de l'Ombre, d'Orton Scott Card, qui voulait ainsi renouer avec sa géniale Stratégie Ender (si vous ne devez lire qu'un roman de science fiction, lisez celui-là, enfin, notamment celui-là).
Paladin des Ames a reçu en 2004 les Prix Hugo, Locus et Nebula. Toutefois, depuis récemment, j'ai appris à me méfier...
Comme elle l'avait été dans la Stratégie de l'Ombre, d'Orton Scott Card, qui voulait ainsi renouer avec sa géniale Stratégie Ender (si vous ne devez lire qu'un roman de science fiction, lisez celui-là, enfin, notamment celui-là).
Paladin des Ames a reçu en 2004 les Prix Hugo, Locus et Nebula. Toutefois, depuis récemment, j'ai appris à me méfier...
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MacMaster Bujold (Lois)
lundi 15 décembre 2008
Le Fléau de Chalion
Un mois ! Il m'a fallu plus d'un mois pour me remettre à lire suite à ce bouquin nocif. Ah... Jonathan Strange et Mr Norrel, sur le moment, on croit que c'est dur, mais finalement c'est bien pire. Ca vous dégoute de rouvrir un bouquin pour une période considérable. Donc, malgré toute la conviction que je tentais de mettre dans ma précédente critique, avec du recul, ce livre fut surtout une grande souffrance pendant et après-coup.
Heureusement, Lois Macmaster Bujold m'a sauvé. Le Fléau de Chalion. Un style simple et efficace, de belles idées, originales, et un je-ne-sais-quoi de réjouissant en plus. Un petit quelque chose que Robin Hobb ne comprendra jamais, elle, ses apprentis assassins et autres aventuriers des mers, romans qui n'en finissent pas, qui s'engluent volontairement, pour son plaisir financier et celui de son éditeur, de vendre des suites à n'en plus finir.
Ici, l'auteur distille progressivement la toile d'une religion complexe dans un contexte géopolitique qui ne l'est pas moins. C'est très proche de l'Heroic Fantasy, mais avec une patte bien à part. Le héros, Castillar dy Cazaril, est un mélange réussi de forces et de faiblesses. Blessé et amoindri physiquement, il n'en est que plus attachant.
Et les Dieux, qui paraissent purement conceptuels dans un premier temps, se révèlent finalement aussi présents que dans la Grèce Antique.
En résumé, une pure lecture plaisir. Avec une histoire se terminant à la fin du livre (c'est si rare en heroic fantasy).
16/20
Heureusement, Lois Macmaster Bujold m'a sauvé. Le Fléau de Chalion. Un style simple et efficace, de belles idées, originales, et un je-ne-sais-quoi de réjouissant en plus. Un petit quelque chose que Robin Hobb ne comprendra jamais, elle, ses apprentis assassins et autres aventuriers des mers, romans qui n'en finissent pas, qui s'engluent volontairement, pour son plaisir financier et celui de son éditeur, de vendre des suites à n'en plus finir.
Ici, l'auteur distille progressivement la toile d'une religion complexe dans un contexte géopolitique qui ne l'est pas moins. C'est très proche de l'Heroic Fantasy, mais avec une patte bien à part. Le héros, Castillar dy Cazaril, est un mélange réussi de forces et de faiblesses. Blessé et amoindri physiquement, il n'en est que plus attachant.
Et les Dieux, qui paraissent purement conceptuels dans un premier temps, se révèlent finalement aussi présents que dans la Grèce Antique.
En résumé, une pure lecture plaisir. Avec une histoire se terminant à la fin du livre (c'est si rare en heroic fantasy).
16/20
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