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dimanche 12 janvier 2025

Humus, le retour à la Terre

Gaspard Koenig signe avec un Humus (trois prix tout de même, dont l'Interallié 2023), un roman extrêmement contemporain. Il croque avec ironie l'entre-soi parisien qu'il connaît bien, le capitalisme international et son manque d'éthique, et l'extrême-gauche dans ses travers les plus inhumains. Le tout sur fond de destruction de la planète, à laquelle deux amis de fac passionnés de vers de terre vont s'attaquer. Pourquoi les vers de terre ? Parce qu'ils sont les principaux régénérateurs de l'humus, nécessaire aux cultures qui nourrissent l'homme au quotidien.

Le "plouc" de province, après HEC, va cofonder une start-up pour revaloriser à grande échelle de lombrics les déchets industriels. 

Le "bourge" parisien va s'enterrer au fond de la Normandie pour faire revivre à force d'introduction de lombrics la ferme de son papi.

Une grande finesse de réflexion derrière un ton léger, M. Koenig a de l'estime pour son lecteur. Son roman est entre autres un plaidoyer pour une avancée de la conscience écologique, avec toutes les difficultés que cela peut représenter. 

 

lundi 24 novembre 2014

Avis Divergent

Divergent (je lis en anglais ces temps-ci, pour ne rien perdre des traits des grands auteurs) de Veronica Roth, est un produit industriel.
Il m'a fallu un certain temps pour me convaincre que je ne relisais pas Hunger Game, dans la mesure où le style des deux auteurs est le même, et le vocabulaire limité afin de ne perdre aucun lecteur.

C'est efficace, et ça se lit bien. Une société divisée en cinq castes aux fonctions distinctes (à la façon du Meilleur des Mondes), une jeune fille qui n'entre pas dans le moule, un chemin initiatique, une bande de jeunes, beaux et sportifs.
Un point fort de Hunger Game était le recours au huis clos (du moins dans le premier tome), qui permettait à l'auteur de pouvoir se concentrer sans trop d'invraisemblance sur son idée principale.
Ici, la société décrite par V. Roth ne tient juste pas debout. Ainsi, les Dauntless (les super guerriers, la caste de l'héroïne, le roman ayant été moins cinématographique si elle avait choisi la caste des fermiers aux grand coeur) vivent séparés des autres factions. Dans la vie, ils sont guerriers. C'est tout. Mais la popote, le ménage, la maintenance, la fabrication des flingues, le réseau informatique... tout se fait tout seul. Une logique d'enfants gâtés.
La société, telle qu'elle est décrite (une vingtaine de nouvelles recrues par an), ne peut compter plus de quelques centaines de membres et n'est, hélas pour le récit, pas viable. C'est toujours la même chose : ou on se sent les épaules pour écrire des récits avec une ampleur épique, ou on choisit un registre plus intimiste. Une technologie extrêmement sophistiquée, sensée être mise au point on ne sait comment, tient le rôle récurrent de Deux Ex Machina, tout au long de l'intrigue.

Quant au puritanisme et au moralisme typiquement yankee, dont ce roman suinte, ils sont assommants.



Je vous assure que j'ai tenté de trouver des points positifs (mis à part l'absence de coupures publicitaires). Ils sont rares.

lundi 25 août 2008

La fin des JO


Les JO sont terminés. Que de beaux moments de sport. Hier, la finale de Handball a apporté une cerise sur le gateau des réussites françaises.
Et même si l'important est de participer, les Chinois ont gagné. Du moins en nombre de médailles d'or. Mais il paraît que seul l'or comptait pour les dirigeants chinois. Un pari politique réussi, donc, pour ce pays mélant la vieille tradition des dictatures communistes en termes de préparation des athlètes (mis à part la regrettée disparition des nageuses moustachues, les produits dopants ayant fait des progrès considérables) au capitalisme le plus débridé. La Russie a été moins bonne en termes de médailles mais a trouvé une compensation : elle a tout de même gagné la Géorgie, ce qui n'est pas un mauvais bilan.
Je proposerais trois incontournables à relire de temps à autres afin de garder en tête la chance exceptionelle de vivre dans un pays libre :
1984, de Georges Orwell, ou la destruction des mots afin de détruire les concepts
Une Journée d'Ivan Denissovitch, d'Alexandre Soljenitsyne ou la destruction des corps au goulag
Le Zéro et l'Infini, d'Arthur Koestler, ou l'apprentissage de la négation de l'individu au profit du corps social.

Ne choisissez pas entre les trois, il faut tous les lire, si si.
Prochainement, je parlerai de navets à éviter. Ca vous permettra de gagner du temps en contrepartie.