Affichage des articles dont le libellé est Gallo (Max). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gallo (Max). Afficher tous les articles

mardi 16 juin 2009

Coucher de Soleil


L'Hiver du Grand Roi, second tome de la biographie consacrée à Louis XIV par Max Gallo, narre le rêgne de Louis XIV à partir de son installation à Versailles. Il a 40 ans et des angoisses métaphysiques. Ces dernières se traduisent par un mariage (secret) avec Madame de Maintenont, qui restera à ses cotés jusqu'à la fin. Et comme elle se fait attendre, la fin, pour ce monarque. 77 ans. Il enterre fils, petits-fils et arrières petits-fils, à l'exception du duc d'Anjou, futur Louis XV.
Les conditions climatiques n'étaient pas idéales, l'hygiène à revoir, mais la grande faucheuse bénéficiait principalement, il faut le souligner, de l'aide des médecins. Rien de tel pour un malade que de bénéficier de quelques saignées et lavements pour être définitivement guéri.
Max Gallo insiste fortement sur le fait que la Princesse Palatine, épouse de Monsieur, frère du Roi, n'a dû sa longévité qu'à son refus systématique d'appliquer les conseils de la Faculté. Et le petit duc d'Anjou encore bébé ne dut son salut qu'au fait que les médecins étaient trop occupés à tuer son frère ainé à coups de lavements à la rhubarbe, et à son énergique nounou qui ne le laissa point tomber entre leurs doctes mains.
Autre point fort intéressant du livre, l'évolution du Roi, son rejet progressif de la guerre, lui qui la prisa tant dans sa jeunesse. Un monarque bénéficiant de la force de ses jeunes années et de la sagesse de la vieillesse... quelle belle chimère.
Ma critique précédente demeure à mes yeux valable. Les effets de style ne sont pas de la plus grande finesse et l'auteur prend nombre de petites libertés historiques afin de donner de la couleur à ses anecdotes.
Toutefois, ce tome-ci fait un peu plus frétiller les neurones en termes d'agitation d'idées. Je conseille donc et signe.

16/20

PS : Un point m'a fait particulièrement tiquer, de même qu'Heliosse (http://heliosse.virginradioblog.fr/heliosse/2008/03/louis-xiv-le-ro.html). L'auteur évoque de possibles abus sexuels commis sur la personne du roi dans son jeune âge par Mazarin. Il ne l'affirme pas, et de fait il n'a pas de preuve. Toutefois, il insiste lourdement sur le sujet, et dans les deux tomes. Exemple parmi d'autres d'une rigueur historique parfois relative, sacrifiée sur l'autel de l'anecdote frappante.

mercredi 10 juin 2009

Lever de Soleil


Louis XIV, le Roi Soleil, tome 1 de la biographie du grand roi par Max Gallo, n'est pas la plus belle biographie historique qui soit. Max Gallo aime disséquer les caractères, mais son approche psychologique des personnages est à Stefan Zweig ce que Gérard Krawckzyk est à Marcel Pagnol.
Tout ça se lit bien, très bien, même, bien que le style soit d'une pauvreté rare ; J'ai renoncé à compter le nombre de fois où l'auteur assène en fin de paragraphe son définitif "Il est le roi". Tadaaaaam, roulements de tambours.
Max Gallo est de surcroit d'une rare partialité pour un historien (comme il le sera à nouveau dans ses deux tomes plus récents sur la Révolution Française). Il ne tente à aucun moment, par exemple, de défendre Nicolas Fouquet. La reine Marie-Thérèse est expédiée en quelques lignes. Et le détail des faits laisse le plus souvent la place à l'anecdote romancée. L'ensemble donne un résultat coloré, mais peu rigoureux.

Louis XIV ne s'impose qu'au décès de Mazarin. Conscient de n'avoir de rendre de comptes qu'à Dieu, il fait la guerre, sans craindre de s'exposer, danse au milieu des ballets, et choisit sa favorite d'un soir sans se soucier du qu'en dira-t-on. "Il est le roi".

Le tome 1 s'arrête alors que Louis XIV, à 40 ans, s'installe définitivement à Versailles. Perturbé par le décès de proches, notamment de nombre de ses enfants, il va se tourner dorénavant vers la religion, délaissant la dévergondée Montespant pour la bigote Maintenont. Ca, c'est le tome 2, et j'en parlerai la semaine prochaine.

En résumé, un excellent livre historique "de gare", ce qui n'est pas un défaut.

14/20

lundi 23 février 2009

Tout ce sang


J'ai chantonné toute la semaine dernière le Chant du Départ.
"La République nous appelleSachons vaincre ou sachons périrUn Français doit vivre pour EllePour Elle un Français doit mourir."

Aux Armes Citoyens, le tome 2 de la Révolution Française par Max Gallo, ne se lache pas une fois qu'il est entamé. Rarement ai-je lu livre d'histoire avec une fébrilité comparable à celle de la lecture d'un roman.
Le parti pris de l'auteur est de montrer comment, après l'exécution de Louis XVI, la machine de la Révolution Française s'emballe inexorablement. Le pouvoir exécutif était personnifié. Sa vacance va entraîner des luttes fratricides sans fin entre révolutionnaires. A ces luttes vont venir s'ajouter les révoltes des Chouans, notamment en Vendée, et la guerre menée par les armées royalistes du reste de l'Europe.
Malgré toutes les horreurs de la période, tant les principes établis (valeurs humaines, égalité des citoyens, accès à l'enseignement, aux soins...) que la diffusion de la Démocratie en Europe (instaurations de régimes républicains dans le Nord de l'Italie, en Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse... sous le poids des armées de la République) ou la force de cette armée républicaine face aux armées royalistes par la motivation de ses hommes (et en premier lieu à Valmy, victoire de la volonté), ne peuvent qu'exalter le patriotisme.

Le temps que tout cela me passe, je suis pour le moment dans l'état d'esprit de jeter en cellule toute personne conspuant l'hymne national, si chèrement gagné. Mais c'est uniquement dû à mon influençabilité. Dans deux jours, il n'y paraîtra plus.

En attendant, je vous recommande plus que chaudement cet ouvrage, actuellement d'ailleurs numéro 1 des ventes en librairie, à ce que j'ai entendu dire.

jeudi 12 février 2009

Le roi n'est qu'un homme

Max Gallo vient de sortir son 100e ouvrage : Le Peuple et le Roi, qui traite de la Révolution Française, allant de la période 1774 à 1793, c'est à dire de l'avènement de Louis XVI à l'exécution de Louis Capet. Le tome 2, traitant de la Terreur, sortira en mars 2009.
Le livre a de multiples atouts : Avant tout, il se lit très bien. Certains pourront trouver les effets de style employés par l'auteur un peu lourds, mais on s'y habitue rapidement. La Révolution est présentée sous son jour magnifique (l'Abbé Grégoire et l'abolition de l'esclavage, la Déclaration des Droits de l'homme...) et ses pires horreurs (le massacre systématiques des individus emprisonnés en 1792 par une foule déchainée, sadique et incontrôlable).


L'ouvrage a notamment le mérite de présenter avec une grande clareté l'engrenage inexorable dans lequel le gouvernement est entrainé. Un gouvernement paradoxalement réformateur face à une assemblée conservatrice, dont les membres sont avides de garder leurs prérogatives financières. Les ministres des finances, de grands hommes, vont se succéder et se heurter les uns après les autres à ce système de privilèges sans pouvoir l'ébranler : Turgot, Necker, Calonne

Il est terrifiant de constater que progressivement, les Parlementaires vont se trouver dépassés par le mouvement qu'ils ont engendrés. Un petit nombre de sans-culottes, usant de l'intimidation et de la violence, manipulé par des tribuns populaires, va imposer les pires extrémités et atrocités.
Marat, Hebert, et leurs brulots, excitent le peuple et lui promettent du sang.

Le Républicain que je suis trouve le livre un peu trop pro-royaliste. Mais que cette histoire est bien contée. A l'opposée d'un Robespierre, un Saint Just ou un Philippe Egalité (le sournois Duc d'Orléans), des hommes tels que Mirabeau, Lafayette, Bailly redonnent foi dans la capacité de l'homme à voir plus grand que lui-même.

A lire, donc.