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lundi 24 novembre 2014

Dallas, 1963

Le Projet Manhattan (la mise au point de la bombe atomique par les Américains dans le désert du Nouveau Mexique) a conduit à une découverte pour le moins inattendue : la possibilité, pour des matériaux situés au cœur de l’explosion, de remonter dans le temps.

Après plusieurs décennies de mise au point, des êtres humains peuvent désormais être envoyés dans le passé, sans possibilité de retour. Celui qui contrôle le passé détenant les clefs du présent, le voyage dans le temps devient l’enjeu d’une lutte entre grandes puissances. Quand les Etats-Unis décident de monter une mission destinée à sauver JF Kennedy de l’assassinat de Dallas, en 1963, ils se heurtent à des ennemis résolus.


Comme toute histoire jouant sur les paradoxes spatio-temporel, Saving Kennedy, premier roman de Francis Y Barrel, se heurte à des difficultés de vraisemblance : l’histoire est-elle immuable, se défend-elle contre les changements (comme chez Connie Willis), peut-elle être allègrement manipulée (à la façon de Charles Stross dans Palimpseste), des réalités parallèles co-existent-elles ou n’y a-t-il qu’un seul chemin ? Loin de se faire totalement déborder par son scénario comme le regrettable et injustement célèbre Poul Anderson et sa Patrouille du Temps, F Barrel écrit avec rigueur, dans un style réjouissant à l’enthousiasme contagieux, une histoire à la logique interne bien structurée.

jeudi 21 août 2014

Pique-nique

Stalker est un roman de science-fiction des écrivains russes Arcadi et Boris Stougatski. Des extra-terrestres sont venus sur Terre. Et puis ils sont repartis.
Ca s'est fait rapidement. Ils ne faisaient que passer. Derrière eux, ils ont laissé des zones contaminées par leur passage. Volontairement ? Involontairement ? Ces zones, éminemment dangereuses pour les êtres humains, recèlent des objets dont l'étude pourrait révolutionner la science. A condition d'en comprendre le fonctionnement. Et avant cela, de pouvoir se les procurer.
A ce jeu, personne n'égale les Stalkers, des rôdeurs qui pénètrent frauduleusement la nuit dans les enclaves et en rapportent des merveilles qu'ils revendent au marché noir.

Le terme stalker est entré dans le langage courant. On a dénommé ainsi les hommes en charge de travailler sur les zones contaminées de Tchernobyl et Fukushima. A savoir que to stalk voulant également dire avancer furtivement / traquer, le mot stalker est également utilisé pour désigner des personnes pratiquant le harcèlement.



Ce beau roman respire la culture et la poésie russe, ainsi que son goût pour la fatalité. Il a été adapté au cinéma par Andreï Tarkovski en 1979, peut-être de façon un peu trop intellectualisante.


Un monument de science-fiction.

samedi 23 novembre 2013

Mutants, avez-vous donc une âme ?

Chute Libre (Opération Cay), de Lois McMaster Bujold, est une pépite. Une problématique philosophique sur l'humanité du mutant pour unité d'action, thème cher à l'auteur, un rythme soutenu permettant de respecter une unité de temps, une station de lieu pour l'unité de lieu, l'oeuvre répond aux critères des Anciens.



Est-ce que des individus créés en laboratoire par une multinationale, en plein espace pour ne répondre aux lois d'aucune planète, avec quatre bras et sans jambe pour être plus productifs dans l'espace, sont vraiment des hommes ? Ont-ils des droits ou peuvent-ils être considérés comme du matériel ?
Une oeuvre habile, prix Nebula 1988, qui se dévore d'une traite.

mardi 19 novembre 2013

Blitz

Connie Willis dépeint en deux tomes, et en prenant un peu trop son temps, la vie de trois historiens venus du futur pour étudier le Blitz, et dont les portails leur permettant de revenir à leur époque ne se sont jamais rouverts, les laissant abandonnés en cette périlleuse période.
Willis est un grand écrivain, dans la mesure où elle a su créer son propre style. Elle joue d'un rythme, d'une partition qui lui sont propres. Elle sait également passer de la comédie à la tragédie avec grande habileté.
Enfin, sa description du Londres sous les bombes allemandes est remarquable.
Pourquoi, toutefois, a-t-elle écrit 1400 pages là où la moitié auraient été nettement suffisantes ? Pourquoi autant se répéter ? On retrouve dans ce diptyque les qualités de ses précédents romans historiques (Sans Parler du Chien, le Grand Livre). Elle a trop de talent pour devenir verbeuse comme tous ces écrivains de SF et de Fantasy qui tirent à la ligne.



Je préfère garder en tête le meilleur de Black Out et All Clear : une gestion très intelligente des problématiques liées au voyage temporel (ce qui est rare, demandez à Poul Anderson comme on peut être mauvais à ce jeu-là), de splendides peintures de caractères, de l'émotion et un vrai sens du rythme quand elle le veut bien.

mardi 21 août 2012

SF sous acide

Robert Sheckley est un auteur de science-fiction américain à la réputation d'humoriste. Son court roman, Echange Standard, s'il commence de façon à peu près normale (dans la mesure où une histoire rationnelle est racontée et où les nouveaux paragraphes décrivent une action cohérente avec les pages précédentes) sombre rapidement dans la plus totale absurdité. Le thème : Marvin décide pour voyager dans la galaxie d'échanger son corps avec un extraterrestre, le temps de vacances.

Il y a 20 ans, j'avais tenté une première fois de lire ce roman, et j'en étais ressorti convaincu de n'être pas mûr pour tous les types de science-fiction. Je ne le suis toujours pas. Ce bouquin est totalement insupportable, en dépit de l'imagination fertile de son auteur.


Extrait page70, Editions Le Livre de Poche :
"Etant des hommes de leur époque, ni Marvin ni Messire Gules ne prêtèrent attention à ces bruits et à ces spectacles. Sans s'émouvoir, ils passèrent à côté de la Mare aux Immondices, où l'ancien régent venait satisfaire ses folles manies nocturnes ; et sans lui accorder un regard, ils dépassèrent le Gambit du Lion où les petits débiteurs et les enfants malfaiteurs étaient enterrés vifs la tête la première dans du ciment à prise rapide pour servir d'exemple à la populace.
C'était une dure époque, certains diront même cruelle. Les moeurs étaient raffinées, mais les passions avaient libre cours. L'étiquette la plus exquise était observée, mais la mort par la torture était le sort commun de beaucoup. C'était l'époque où six femmes sur sept mouraient en couches, où la mortalité infantile atteignait le pourcentage choquant de 87%, où l'espérance de vie moyenne ne dépassait pas 12,3 ans, où la peste ravageait chaque année la cité, emportant environ les deux tiers de la population, où les guerres de religion continuelles réduisaient de moitié chaque année la population mâle valide - au point que dans certains régiments, on était obligé d'employer des aveugles comme officiers d'artillerie.
Et malgré tout cela, on ne pouvait pas dire que c'était une époque malheureuse. En dépit des difficultés, la population atteignait de nouveaux sommets chaque année, et les hommes aspiraient à de nouvelles audaces."

Deux cents pages de ce tonneau. C'est à hurler.


vendredi 20 juillet 2012

Tempus fugit

Je n'ai pas vu le temps passer. Belle performance que ce roman explosé. Le Déchronologue, de Stéphane Beauverger, traite de la vie d'un capitaine de vaisseau, un flibustier des Caraïbes, qui se bat contre l'Espagnol et sa main mise sur le Nouveau Monde.
Des perturbations temporelles vont venir perturber de façon croissante la vie et la géopolitique de cette partie du monde. Irruption d'objets venus du futur (les maravillas), voyageurs du temps, observateurs ou conquérants, flottes de vaisseaux issus du passé ou de l'avenir. Le présent explose.
Le roman aussi, explose. L'auteur a, fort habilement, placé ses chapitres sans respect pour l'ordre chronologique. Le premier saut temporel du lecteur est douloureux, puis l'on s'habitue et se laisse bercer par le rythme inédit du récit.
Les chapitres étant tous datés et numérotés, il reste toujours possible de les lire ou relire dans l'ordre, ce qui parfois est utile à la bonne compréhension de l'histoire.


Compréhension... C'est là que le bât blesse. J'ai dévoré cette histoire jusqu'à sa dernière page. N'y comprenant pas plus que le malheureux et brave capitaine Villon. Nombreuses sont les questions soulevées dont on attend les réponses. Or, une pirouette, et hop, that's the end. L'auteur n'a répondu à rien. Un roman à énigmes sans réponses. Ou pas fini. Au choix.

Alors, ou bien l'auteur compte ne pas en rester là, et je serai le premier à reconnaître m'être délecté de son travail. Ou bien il a terminé, et ma satisfaction est loin d'être complète.

jeudi 5 avril 2012

One to beam up, Mr Scott

Dans Terminus les Etoiles, d'Alfred Bester, tout commence par un postulat. L'humanité a acquis le don de téléportation. Ce n'était apparemment qu'une affaire de conviction. Les hommes étant par essence tout sauf égaux, tous ne peuvent pas se téléporter à la même distance. De surcroît,  la chose est uniquement possible dans un endroit bien connu. Mais bref, c'est possible.
Ceci posé, passons à l'histoire. Celle d'un marin de l'espace, vaguement simplet et sans ambition. Se retrouvant seul rescapé suite à l'attaque de son vaisseau, il va à force de tenacité réussir à survivre plusieurs mois dans quelques mètres carrés flottant dans l'immensité, dans l'espoir d'un sauvetage providentiel. Quand un vaisseau passe à proximité, l'aperçoit mais ne s'arrête pas, il attrape la Haine. Une haine à la Montechristo. Une motivation qui va l'amener à se dépasser et mettre tout en oeuvre pour se venger.


SF classique de l'âge d'or américain (1956), c'est un style. La nervosité du récit m'a un peu rappelé Jack Vance. Bester est un habile conteur de coin du feu, ses histoires ont un parfum de légendes et de contes philosophiques.
Un bon moment de lecture, qui ne laisse pas de souvenirs impérissables. Je recommande strictement aux amateurs du genre, et notamment ceux qui aimeraient se frotter au lauréat du premier prix Hugo.

dimanche 18 mars 2012

Rencontre du 3e type

Un grand bouquin, un must du space opéra. Objectivement, dans mon top 5 de la SF.  Larry Niven, auteur du célèbre et largement primé Anneau Monde, a à mon goût fait bien mieux avec la Paille dans l'Oeil de Dieu. Je l'avais emprunté il y a 20 ans, et j'attendais depuis une réédition pour avoir la chance de le relire. La problématique du premier contact avec une race extra-terrestre intelligente est développée avec une grande finesse de vue.


L'humanité s'est envolée vers les étoiles au XXIe siècle. Un premier empire terrestre fut fondé, avant de sombrer dans le chaos durant 400 ans dans le cadre d'une guerre de sécession. Un second empire terrestre, dirigé par une aristocratie, a émergé des décombres. La flotte impériale combat sans pitié toute nouvelle velléité d'indépendance, jusque dans les régions les plus éloignées de l'Empire, comme celle du Sac à Charbon. C'est dans ce secteur que l'arrivée d'un vaisseau extra-terrestre, au bout d'un voyage de 150 ans, va changer le destin de l'humanité. Que penser de ces créatures duveteuses, au perpétuel sourire, si serviables et sympathiques, et à la capacité d'apprentissage si développée ? Une flotte mi-scientifique, mi-militaire, va partir à la rencontre de la planète des aliens, dans le système de la Paille, afin de se forger une opinion sur l'attitude à adopter. Menace ou opportunité ? L'humanité n'a pas le droit à l'erreur.

Lecture que je ne peux que recommander.

vendredi 9 mars 2012

Mélimélo temporel

L'humanité a une fâcheuse tendance à s'éteindre à échéance régulière. Heureusement, ils sont là. Une organisation venue du futur, qui à chaque fin du monde récupère un peu de ce qui reste de l'humanité et la transpose à une autre ère, éloignée, pour tout recommencer.
Ils dirigent, aiguillonnent, corrigent, recorrigent quand des agents perturbateurs interviennent à leur tour. Et les futurs possibles changent et s’entremêlent.
Si l'idée de départ de Charles Stross est séduisante, Palimpseste devient progressivement fortement indigeste. Le paradoxe temporel, comme toutes les bonnes choses, il ne faudrait jamais trop en abuser.
C'est bien plus fin que du Poul Anderson et sa regrettable Patrouille du Temps. Mais l'ampleur du sujet a hélas perdu l'auteur en route.



Extrait p21, Editions Nouveaux Millénaires :
"Une civilisation incontrôlée est comme la tuberculose au stade terminal. Les victimes de la première extinction l'ont appris à leurs dépens. Nous n'avons pas touché à leur histoire, pour nous rappeler nos origines et les étudier à titre d'avertissement. Certaines recrues parmi vous sont originaires de cette époque. Quant aux autres périodes, nous faisons notre possible pour prévenir les efflorescences irraisonnées d'une surindustrialisation destructrice de ressources et pour empêcher l'apparition d'intelligences non humaines concurrentes, ainsi que les tentatives inutiles et onéreuses de colonisation d'autres systèmes solaires."

En résumé, pour fanatiques du paradoxe espace-temps uniquement.

PS : J'allais oublier. Prix Hugo 2010 dans la catégorie "Roman Court". Je confirme, c'est assez court.

dimanche 27 novembre 2011

Un moment d'absence

Efficace comme une série américaine, ce Flash Forward (*d'ailleurs, il a donné lieu à une série, depuis que j'ai écrit ce commentaire). D'ailleurs, le livre a donné lieu à une série du même nom. L'idée de départ est séduisante : Robert J Sawyer, comme Dan Brown avant lui, fantasme sur le CERN, ses moyens, son accélérateur de particules unique, le Grand Collisionneur.
Pas de chance, l'expérience en cours a visiblement trop bien marché. Selon toute vraisemblance, elle a envoyé dans le coltard toute l'humanité durant quelques minutes. Durant ces mêmes minutes, chaque être humain a eu une vision de son avenir, par ses propres yeux, mais vingt ans après : le phénomène sera baptisé par les médias le Flashforward.

Notre futur est-il gravé à l'avance dans le marbre ? Quel impact un aperçu même fugace de son avenir peut-il avoir sur un individu ? "Et si je n'ai rien vu, c'est mauvais signe ?"

Extrait p161, éditions Milady :
- Vous avez sans doute entendu ce scientifique du CERN qui a affirmé que les visions montraient le seul et unique futur réel ?
- Oui, dit la voix de l'interprète. Mais c'est absurde, de toute évidence. On peut aisément démontrer que le futur est malléable. Dans ma propre vision, je me trouvais dans mon appartement. Et sur mon bureau, comme maintenant, il y avait ceci.
Dans le studio, une table était placée devant lui. Il tendit la main et prit un presse-papiers. La caméra zooma sur l'objet, un bloc de malachite surmonté d'un petit tricératops doré.
- Bon, ç'a peut-être l'air un peu tape-à-l'oeil, dit Alexander, mais en fait j'aime bien cet objet. C'est un souvenir d'une visite au Dinosaur National Monument qui m'avait beaucoup intéressé. Mais je l'aime moins que la rationnalité.
Il passa une main sous la table et la ramena avec un carré de toile à sac qu'il déploya devant lui. Il plaça le bibelot en son centre. Ensuite, il exhiba un marteau et il entreprit de pulvériser son souvenir. La malachite se fendit et s'émietta, tandis que le petit dinosaure s'aplatissait sous les coups.
Alexander cessa son acte de vandalisme et sourit triomphalement à la caméra.
- Ce presse-papiers figurait dans ma vision. Or, il n'existe plus. En conséquence, quoi que la vision ait pu montrer, ce n'est en aucune manière un aperçu d'un futur immuable.
[...]
Lloyd réfléchit encore quelques minutes, puis décrocha le téléphone, contacta les renseignements et après un nouvel appel parla à une femme qui travaillait dans la boutique cadeaux de Dinosaur Monument.
- Allô, dit-il, je recherche un objet particulier... un presse-papiers en malachite.
- De la malachite ?
- C'est une pierre verte, vous savez, ornementale.
- Oh oui, bien sûr. Celles que nous proposons sont décorées d'un petit dinosaure sur le dessus. Nous avons un modèle avec un tyrannosaure, un autre avec un stégosaure et un avec un tricératops.
- Combien pour le tricératops ?
- Quatorze dollars et quatre-vingt dix cents.
- Vous faites de la vente par correspondance ?
- Aucun problème.
- J'aimerais en acheter un et l'expédier...



Un roman intelligent, bien construit, au rythme parfois un peu lent, au style d'une platitude déchirante, qui laisse le souvenir de bons moments plutôt que d'un bel ensemble, du fait de chapitres d'un niveau inégal (le délire mystique sur la vie éternelle de l'un des derniers chapitres est au minimum une faute de goût).

PS : Je ne veux même pas savoir combien d'épisodes (ou de saisons...) les scénaristes d'Hollywood réussiront à tirer de cette histoire.

dimanche 25 septembre 2011

Seeker

Attention, livre brillant. De la SF élégante et intelligente. Seeker, de Jack McDevitt, prix Nebula 2006, est un roman digne de nombreux éloges. Le style est sobre, efficace, non dénué d'humour, et ne va pas sans rappeler les classiques (Stephen King cite McDevitt comme héritier naturel d'Arthur C. Clarke).
Le bémol, j'y pense en citant C. Clarke, c'est un tout relatif manque de rythme et d'action, dans la première partie du livre.

Alex et Chase sont des chasseurs de trésors. Ils recherchent des antiquités et les vendent aux enchères, activité hautement lucrative lorsque le chasseur a du nez. Et comme l'action se déroule dans neuf mille ans, c'est à bord de vaisseaux spatiaux que se font les recherches. Il est un mythe, celui de Margolia, après lequel les héros vont se mettre en chasse suite à la découverte d'une coupe. Margolia, planète dont personne extérieure à la colonie n'a jamais connu l'emplacement, où se seraient établis il y a plusieurs millénaires quelques milliers de colons fuyant un régime tyrannique sur Terre. Un Graal archéologique. Evidemment, si cette colonie existait toujours, elle aurait dû rentrer en contact avec la fédération terrienne...

Extrait p133, Editions Télémaque :  
Le lendemain, c'était relâche, mais comme je n'étais pas prête à mettre Margolia de côté, aussitôt après un petit-déjeuner très matinal, je m'installai à mon aise pour regarder Sanctuary, un thriller vieux de trente ans à propos de la colonie perdue. Il racontait une aventure de Sky Jordan. […] Dans cette aventure-ci, son vaisseau s'approchait trop d'une machine extra-terrestre qui drainait toute l'énergie alentour, et c'était une ravissante Margolienne, Solenna, qui volait à son secours. […]
Mais voilà que notre Margolia était menacée par les Bayloks, une horde d'aliens malfaisants. C'étaient eux qui étaient à l'origine du drainage de puissance. Ils crevaient l'écran avec leurs trognes reptiliennes, leurs tentacules grouillants et leurs petits yeux qu'animait une lueur rouge diabolique dès que les lumières baissaient. A quel avantage cela pouvait-il bien correspondre, dans leur évolution… Mystère. En attendant, ils étaient laids à faire peur, comme tout monstre de SFX qui se respecte.


Plusieurs clins d'œil dans le roman à des scénarios simplistes, que l'auteur s'amuse à résumer pour le plaisir de montrer à son lecteur que le chemin qu'il lui fait emprunter est autrement plus fin.
Un livre que je recommande chaudement.

vendredi 4 mars 2011

Trou de mémoire

Exceptionnel narrateur, que Lois McMaster Bujold. Memory fait suite à la Danse du Miroir, dans le cadre de la Saga Vorkosigan. C'est loin d'en être le meilleur opus. Toutefois, à la différence d'un Robert Jordan, triste tireur à la ligne dont le nombre d'idées originales par roman dépasse rarement les doigts de la main (j'ai le droit de le penser, quatre romans gobés permettent un début d'approche statistique), Bujold n'écrit jamais deux fois la même histoire. Toujours, elle emmène son lecteur sur un sentier nouveau, non seulement pour son œuvre, mais aussi fréquemment dans l'absolu. Qu'il est bon de se dire que voilà une intrigue qui surprend, qu'on ne relit pas pour la nième fois.

Le héros est comme McMaster Bujold les aime : torturé moralement et affaibli physiquement. Une détermination hors du commun fait le reste. Miles, qui vient d'être exclu de la Sécurité Impériale pour faits de trahison, va être amené à se remettre au service de l'Empereur pour enquêter sur le sort de son ancien chef.

Extrait Page 83 (Editions J'ai Lu)
"Illyan n'oubliait jamais rien. Pour la bonne raison qu'il ne le pouvait pas. A une époque reculée, quand il était lui-même un lieutenant de la SecImp, l'Empereur Ezar l'avait envoyé sur la lointaine Illyrica afin de se faire implanter une biochip mémorielle dans le cerveau. Le vieil Ezar avait eu envie d'avoir un magnétophone vivant qui ne répondrait qu'à lui. La technique, alors, en était encore au stade expérimental en raison des quatre-vingt-dix pour cent de cas de schizophrénie iatrogène observés chez les porteurs de la biochip en question. Ezar, sans le moindre scrupule, avait choisi de courir le risque. Du moins avait-il envoyé le jeune officier le courir à sa place. [...]
Miles se demanda quel effet ça faisait d'avoir trente-cinq ans de souvenirs entassés dans la mémoire, aussi frais et vivants que si les événements s'étaient déroulés la veille. Le passé ne serait jamais adouci par la bienheureuse brume de l'oubli. C'était ça, la damnation éternelle ? Pouvoir revivre jusqu'à la folie la moindre erreur commise, en Technicolor et son stéréo ? Rien d'étonnant à ce que les cobayes soient devenus barjots."



Comme on l'imagine, la puce va se détraquer. Et Miles, bien que discrédité, reprendre du service.
Une lecture plaisir qui m'a donné envie de me replonger dans l'excellente Saga Vorkosigan, et ses quatre prix Hugo.

NB : L'auteur a pour point commun avec Agatha Christie, outre le fait d'apprécier particulièrement les intrigues policières, d'avoir un faible avoué pour l'eau de rose. Mais comme moi aussi...

mardi 1 mars 2011

Réalité virtuelle, ennui réel

Amer constat, l'un des romans les plus brillants que j'aie lu ces derniers mois a distillé chez moi un ennui profond. La Cité des Permutants, de Greg Egan, traite de réalité virtuelle, sujet qui pourtant m'intéresse fortement. Et s'il était possible de reproduire jusqu'au niveau moléculaire un être humain virtuellement, cet avatar n'aurait-il pas la sensation d'être vivant ? Quels seraient ses droits et quels seraient les droits que son initiateur aurait sur lui ?
Les sujets de réflexion sont nombreux : s'il est possible de voir sa conscience dédoublée dans le corps d'un avatar virtuel, n'échappe-t-on pas ainsi à la mort ?
Et si un monde virtuel et ses habitants pouvaient s'affranchir de la tutelle de notre monde réel ?

Extrait page 141 :
"Fraichement ressuscité, il s'était constamment inquiété de savoir quels aspects de son passé il devrait imiter pour conserver la raison et lesquels il devrait éliminer pour être honnête avec lui-même. Une fenêtre avec vue sur la ville semblait suffisamment innocente  - mais c'était grotesque de traverser à pied ou à bicyclette un décor de foules artificielles, et, les rares fois où il avait tenté l'expérience, il l'avait trouvée intensément déprimante. Cela ressemblait trop à la vie et trop au rêve qu'il chérissait : revenir un jour parmi les vivants. Il ne doutait point qu'il se serait à la longue vacciné contre l'illusion, mais ce n'était pas ce qu'il voulait. Lorsque finalement il habiterait un robot de téléprésence aussi réaliste que son propre corps perdu - lorsque finalement il voyagerait à nouveau dans un vrai train et descendrait à nouveau une vraie rue -, il ne voulait pas que la joie de ces expériences soit émoussée par des années de simulation parfaite."


Le problème est que durant les trois quarts du livre, les brillantes idées de l'auteur sont décrites de façon quasi-cliniques, amenant à les survoler avec un certain intérêt intellectuel, mais sans le moindre engagement. Tout cela manque d'âme, âme paradoxalement remise en avant quand l'action finalement se déroule dans la fameuse cité virtuelle indépendante. Peut-être l'effet fut-il souhaité par Egan ? En attendant, la lecture en est rendue peu attachante, si ce n'est parfois fastidieuse.

Un grand livre, que je ne conseillerai donc que dans le cas d'un intérêt prononcé pour les mondes virtuels, et encore.

dimanche 23 janvier 2011

Fragile réalité

S'il est un cas en littérature où l'expression "âge d'or" n'est pas galvaudée, c'est bien la SF américaine des années 40 et 50. Philip K Dick, maître en narration de nouvelles, décline dans Paycheck les différents degrés de la folie et décrit avec art comment cette dernière est tapie juste derrière notre porte, prête à déchirer le voile léger de la réalité quotidienne à laquelle nous nous cramponnons si fort.

Extrait de "Breakfast at Twilight" (p163, Folio) :
"Papa ?" Earl sortit en coup de vent de la salle de bain. "Tu nous conduis à l'école aujourd'hui ?"
Tim McLean se resservit du café. "Pour une fois les enfants, vous irez à pied. La voiture est en réparation."
Judy fit la moue. "Mais il pleut !
- Non, rectifia sa soeur Virginia en écartant le store. Il y a beaucoup de brouillard, mais il ne pleut pas.
- Voyons !" Mary McLean s'essuya les mains et délaissa son évier. "Quel drôle de temps. C'est du brouillard, ça ? On dirait plutôt de la fumée. On n'y voit rien du tout. Que dit la météo ?
- Je n'ai rien pu capter à la radio, dit Earl. Juste des parasites."
Tim eut un mouvement de colère. "Cette saleté s'est encore détraquée ? Je venais pourtant de la faire réparer." Encore tout ensommeillé, il alla manipuler distraitement les boutons de l'appareil.
Les trois enfants allaient et venaient en toute hâte en se préparant pour l'école.
"Curieux, reprit Tim.
-J'y vais" Earl ouvrit la porte d'entrée.
"Attends tes soeurs, lui ordonna Mary d'un air absent.
- Je suis prête dit Virginia. Je suis bien ?
- Très bien, répondit Mary en l'embrassant.
- J'appellerai le réparateur depuis le bureau", dit Tim.
Il s'interrompit. Earl se tenait à la porte de la cuisine, pâle, silencieux, les yeux écarquillés de terreur.
"Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je... je suis revenu.
- Pourquoi ? Tu es malade ?
- Je ne peux pas aller à l'école."
Ils le dévisagèrent. "Qu'est-ce qui ne va pas ?"
Tim le prit par le bras. "Pourquoi tu ne peux pas aller à l'école ?
- Ils... ils ne me laissent pas.
- Qui ?
- Les soldats." Tout à coup, les mots se bousculèrent. "Il y en a partout et ils viennent par ici.

Le nom du volume, Paycheck, est celui d'une nouvelle qui a été adaptée au cinéma par John Woo avec Ben Affleck et Uma Thurman. Je n'ai pas vu le film, mais la nouvelle est pétillante d'idées.


Inventivité, paranoïa et parfum de 50's, il n'y a que de bonnes raisons d'ouvrir ce recueil de nouvelles, avec le même plaisir qu'était celui de regarder des épisodes de la 5e Dimension.

17/20

mardi 22 juin 2010

Peace and Love

Deux prix Hugo, l'un en 1960 et l'autre en 1963. Pour le premier, Starship Troopers, Robert Heinlein se fit parfois taxer de militariste fascisant. Le second, En Terre Etrangère, fait l'apologie de l'amour libéré et de l'anarchie comme modèles pour sauver le monde. Chacun des romans donne lieu à de longues digressions aux dialogues quasi-socratiques, et dont les conclusions valident ces deux idéologies a priori opposées.
Comprendre ce semblant de contradiction, c'est comprendre Heinlein, qui n'aime rien tant que démontrer tout et son contraire avec le sérieux, mais également la gouaille, d'un philosophe de comptoir.

Comme le dit en son temps le cardinal Du Perron à Henri III : « Sire, j'ai prouvé aujourd'hui par raisons très bonnes et évidentes, qu'il y avoit un Dieu ; demain, Sire, s'il plaist à Vostre Majesté me donner encore audience, je vous monstrerai et prouverai par raisons aussi bonnes et évidentes qu'il n'y a point de Dieu ». Le roi hélas goûta peu le mot d'esprit. Le lecteur d'Heinlein, lui, est d'avantage d'humeur pour ce genre de jeux.


En Terre Etrangère conte l'histoire d'un Martien, Valentin Michael Smith, en fait premier humain né sur Mars, suite à la première expédition martienne dont il fut l'unique survivant. Récupéré vingt ans plus tard par l'expédition suivante, il arrive sur Terre où il découvre les traits de caractère des Hommes tel un nouveau Candide parcourant le monde.
Le roman commence comme de la SF et devient progressivement un conte philosophique. Les pouvoirs du jeune homme lui permettent de ne pas se contenter d'un rôle d'observateur mais d'entreprendre de changer le monde.

Attention, la philosophie de Heinlein est à prendre au second degré, sous peine d'être imbuvable, tant il se complait dans le sexisme, la mièvrerie religieuse et une certaine forme de racisme. "Mais il est sérieux, là, où il plaisante ?" est la question que se pose sans cesse le lecteur éclairé de Heinlein. L'autre, le non-éclairé, y patauge allègrement tel le cochon dans sa mare boueuse. De là à y voir une explication de l'énorme succès de cet écrivain outre-atlantique, il y a un pas que je ne me risquerais pas à franchir. Pour Gérard Klein, sémaphore de la science-fiction, Heinlein est une clef essentielle pour comprendre l'Amérique.

Au final, une lecture originale, souvent déconcertante, mais qui traine un peu en longueur. A lire dans l'herbe pendant l'été, en écoutant une mélopée indienne des Beatles, pour se prendre pendant quelques heures pour un hippie.

14/20

lundi 12 avril 2010

La Peste

Le Grand Livre, de Connie Willis, est un roman à multiples facettes. Il joue sur plusieurs registres et plusieurs époques. A la fois livre de science-fiction (sur la problématique des voyages dans le temps) et historique (la moitié du roman se déroule au Moyen-Age). Tantôt comique et tantôt tragique, l'intrigue se déroule en parallèle sur deux époques.

Les hommes face à une épidémie : leurs peurs, leur bravoure, la recherche du bouc émissaire, le rôle de la religion. Malgré tout le confort de la technique moderne, l'homme face à une épidémie mortelle n'a pas changé à travers les siècles.

Bien sûr, l'auteur prend son temps, développe à loisir un style chaotique, parfois légèrement fatiguant. Et il est vrai que l'ouvrage ne prend toute son ampleur que dans sa seconde moitié (soit au bout de 300 pages).

Mais quel talent, quel foisonnement d'idées. Et surtout, Connie Willis aime surprendre son lecteur et l'emmener sur des sentiers volontairement très inattendus et déstabilisants.


C'est la deuxième fois que je lis ce pavé, et je n'ai aucun regret.

17/20

PS : Prix Hugo, Locus et Nebula, tout de même. Ils sont peu à avoir fait le grand Chelem.

mardi 23 mars 2010

Etre et avoir été à nouveau

Il en a fait quatre, Poul Anderson, des recueils de nouvelles sur la patrouille du temps. Je finis à peine le deuxième, et ce sera pour moi a priori la fin du cycle.
Pourquoi tant de haine, me direz-vous ? Elles sont pas belles, les histoires ?

Si si. Dans ce tome, trois nouvelles : l'une se situe à Tyr, à l'époque du roi Hiram (contemporain de Salomon), l'autre chez les Ostrogoths au IVe siècle et la troisième sous le règne de Philippe le Bel, quand ce dernier s'en prit à l'Ordre du Temple (et à son or). L'auteur a bien travaillé : son héros ne s'exprime quasiment que par citations (cette envie que nous avons tous de montrer à quel point nous connaissons bien un sujet quand nous en avons l'occasion). La lourdeur du savoir encyclopédique plaqué sur la page frisait le Jacques Attali.

Allons au fait : Primo, l'auteur n'arrive pas à gérer la notion de paradoxes temporels. Il conte les démêlés d'une patrouille du temps chargée de préserver la trame historique, sachant que lorsqu'un énergumène venu de l'avenir engendre un changement, celui-ci prend sa place dans l'Histoire. Bref, faute de règles clairement posées, le lecteur se contente de suivre en souriant gentiment, et surtout en évitant de se poser trop de questions : le scénario ne tiendrait pas le coup. La deuxième nouvelle, le Chagrin d'Odin le Goth, est la seule qui vaille la peine d'être lue, de par sa construction originale.
Secundo, la platitude du style et les conclusions bâclées deviennent insupportables au bout d'un moment.

Il est grand temps de passer à autre chose. Le livre n'est que partiellement recommandable, et encore aux amateurs de SF strictement.


13/20

PS : Le Belial se vante d'éditer enfin en France la suite d'un des "plus grands cycles de la science fiction". Dans le fond, si cela n'avait pas été édité avant, il y avait une raison.

mardi 16 mars 2010

Etre et avoir été

Classique de la science fiction, La Patrouille du Temps, de Poul Anderson, s'attaque au très délicat sujet des voyages dans le temps. Dans un million d'années, les Danelliens, avenir ô combien développé des humains, ont totalement maîtrisé le voyage dans le temps. Leur problème, c'est qu'ils ne sont pas les seuls dans ce cas. Ils craignent une chose par dessus tout : que des perturbateurs les effacent purement et simplement en changeant le cours de l'histoire, volontairement ou non, lors d'une incursion dans le passé.


Les Danelliens ont donc créé la patrouille du temps. Des bureaux sont répartis à travers les âges de l'humanité. Ils recrutent dans chaque période des patrouilleurs dont l'objectif est de s'assurer que "tout se passe bien comme prévu". Le cours du temps est résistant. La mort d'un animal, un épisode inattendu dans la vie d'un ou plusieurs hommes, le décès prématuré de l'un ou l'autre, n'aura généralement pas de conséquence. La trame générale y résiste et corrige le tir toute seule. Toutefois, certains points sont plus sensibles et demandent à être plus particulièrement protégés.

Lecture intelligente, originale et agréable, je ne peux que recommander ce court livre au rythme nerveux et efficace, bien traduit (on est chez J'ai Lu, il y a des traducteurs et des relecteurs chevronnés, mes amitiés à ce sujet aux éditions Bragelonne et Milady, à l'antipode).

Extrait : Le recrutement du narrateur, qui n'a fait pour le moment que répondre à une annonce dans le journal :

"Hum... ça ne vous ferait rien de saisir ces poignées sur les bras de votre fauteuil ? Merci. A présent, quelles sont vos réactions devant un danger d'ordre physique ?
Everard se hérissa. "Ecoutez..."

M. Gordon jeta un bref coup d'œil sur un instrument posé sur son bureau, un simple boîtier avec une aiguille et deux cadrans. "Peu importe. Quelle est votre opinion de l'internationalisme ?"
- Dites donc...
- Du communisme ? Du fascisme ? Des femmes ? Quelles sont vos ambitions personnelles ? ... Ce sera tout, vous n'êtes pas obligé de répondre. "

Richesse des idées et des tableaux, rythme et concision viennent ainsi heureusement compenser une absence de style, une psychologie des personnages très limitée, des conclusions brouillonnes, et des nouvelles de niveau inégal. Anderson a clairement du mal à développer ses idées. Loin d'être un monument de la SF classique aux côtés des Asimov et Heinlein, en dépit des efforts de ses fans outre-Atlantique, l'auteur donne toutefois l'occasion de lire de la série B de très bonne facture.

14/20

jeudi 14 janvier 2010

La saga Vorkosigan

Saviez-vous que la saga Miles Vorkosigan de Lois MacMaster Bujold a obtenu plus de prix Hugo qu'aucune autre avant elle (quatre, il me semble, dont trois romans et une nouvelle) ?


Les romans peuvent se lire de façon (relativement) indépendante, et doivent une partie de leur charme au fait que l'auteur joue de l'un à l'autre sur des registres différents. Lois MacMaster Bujold (que ce nom est long...) n'a définitivement pas une belle plume. En revanche, et comme je l'ai déjà dit ici, c'est une conteuse d'histoires hors pair, qui de surcroit se renouvelle sans cesse. Elle n'écrit pas deux fois le même roman.

Voici mes quatre dernières proies (par ordre chronologique) :

Les Frontières de l'Infini
Recueil de nouvelles, dont deux particulièrement marquantes : Les Montagnes du Deuil, où Miles part enquêter dans une région reculée de son district et se heurte au poids des traditions. Dont la tradition de mettre à mort les enfants "mutants". Ayant lui-même extérieurement tout du mutant, petit et difforme, son enquête n'est pas facilitée.
La dernière nouvelle m'a marqué encore davantage. Un camp de prisonniers. Plat. Sous une cloche. Seul relief : des toilettes posées au centre. Dix mille hommes et femmes. On entre dans le camp juste avec un bol et une couverture. La nourriture est livrée au travers d'une paroie, chaque fois différente.
Il suffit de cinq minutes à Miles après son entrée pour se retrouver nu, au sol, blessé suite à une agression l'ayant privé de son maigre bagage.


La Danse du Miroir
Excellent roman. Imposable du début à la fin. Le clone de Miles usurpe sa place, détourne un vaisseau de guerre et part accomplir une vendetta personnelle. Miles part à sa poursuite. L'opération échoue et se termine en bain de sang. Miles n'a pas d'autre solution que d'aller le sauver, laser à la main. C'est là qu'il meurt. Rythme haletant et finesse de l'analyse psychologique se succèdent. Un grand moment que je ne veux pas déflorer davantage.



Komarr
Petit passage à vide, je trouve. Le roman se perd un peu dans sa propre intrigue et le style contemplatif fatigue. A croire que l'auteur n'avait pour principale ambition avec Komarr que de faire apparaître le personnage d'Ekaterin, qu'elle adore, et qui sera au cœur du roman suivant.

Ekaterin
Fini le space opera. Pas une seule bataille spatiale. Miles est sur Barrayar, sa planète natale, où il siège au conseil des Comtes. Il fait parallèlement sa cour à Ekaterin.
Le roman tourne autour d'intrigues politiques et de la désastreuse cour que Miles mène auprès d'Ekaterin. Le style est surprenant, mais cet effet de surprise fait parti des raisons pour lesquelles MacMaster Bujold est si agréable à lire. On n'est jamais mené là où on l'en pense aller.

Si vous en avez l'occasion, ne faites pas comme moi, lisez plutot les romans dans l'ordre chronologique (même si ce n'est pas l'ordre dans lequel l'auteur les a écrits). Mais en tous cas, lisez-les.
Voici un lien Wikipedia qui aide à y remettre de l'ordre : http://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_McMaster_Bujold

17/20 pour l'ensemble avec un 18/20 pour la Danse du Miroir

mardi 12 janvier 2010

Au Prix du Papyrus

Au Prix du Papyrus est un ensemble de nouvelles du grand Isaac Asimov. C'est d'ailleurs pour cela que je l'ai acheté. Toujours facile de se rabattre sur une valeur sure lorsque les rayons de la librairie ne sont pas source d'inspiration nouvelle.
Erreur. Piège.
Pour être un grand homme, il suffit d'avoir accompli une fois une grande chose. Isaac Asimov, en tant que grand auteur, n'a pas écrit que de grands romans et de grandes nouvelles.
La preuve, cet assemblage hétérogène de nouvelles de piètre qualité, écrites à des moments divers et regroupées visiblement plus dans le cadre d'une démarche marketing que par amour des belles lettres.
A éviter.


8/20